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Société

Danemark : nouvelle provocation ?

| Jeudi 12 Octobre 2006

Prés d’un an après l’affaire des caricatures, la diffusion d'une vidéo raillant le prophète diffusée par la télévision publique suscite de vives protestations de pays musulmans. Le ministre des Affaires étrangères Per Stig Moeller s'efforce de faire savoir à ses homologues musulmans que le Danemark prend ses distances avec ce film.



L'intention n'était pas de provoquer

Dans la vidéo tournée par des jeunes du Parti du peuple danois (PPD, une formation xénophobe, allié parlementaire du gouvernement), dont des extraits ont été montrés vendredi à la télévision danoise, le prophète a été présenté comme un chameau buveur de bière et un terroriste ivre attaquant Copenhague.

Le document a d'abord été rendu public sur le site Internet YouTube, qui n'est pas hébergé au Danemark, souligne le ministère danois des Affaires étrangères dans un communiqué. Les chaînes de télévision TV-2 et DR en ont ensuite diffusé des extraits.

«L'intention n'était pas de provoquer les musulmans, mais d'illustrer le sujet lors d'un entretien que le président des jeunesses du PPD a accordé à DR», poursuit le ministère.

Indignation dans le monde musulman

Dès le lendemain de la diffusion des extraits de la vidéo, la première condamnation est venue des Frères musulmans d'Egypte, qui ont appelé à une campagne de boycottage des produits danois ainsi qu'à des manifestations pacifiques.

Depuis, des responsables musulmans en Indonésie ont mis en garde le Danemark, et la Jordanie, l'Egypte ont fait savoir leur indignation.

L'Organisation de la conférence islamique, qui regroupe 57 pays musulmans, a déploré cette initiative et regretté que la télévision publique danoise en ait montré des images, portant ainsi atteinte «aux sentiments religieux d'un cinquième de l'humanité».

Quant à L’Iran, les autorités ont convoqué l'ambassadeur du Danemark à Téhéran et le président Mahmoud Ahmadinejad a dénoncé les «voyous» dénués de tout sens de l'humain qui s'en prennent au Prophète. L'ayatollah Mohamed Hussein Fadlallah, chef de la communauté chiite libanaise, a quant à lui réclamé des poursuites, sans toutefois incriminer Copenhague.

Le Premier ministre danois condamne

Critiqué pour s'être longtemps retranché derrière le principe de la liberté de la presse lors de la précédente affaire des caricatures, le Premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen, a cette fois-ci réagi très rapidement en condamnant "fermement" le comportement des jeunes du PPD, dans un communiqué dimanche.

Le ministre des Affaires étrangères Per Stig Moeller, en pleine offensive diplomatique, s'efforce de faire savoir à ses homologues musulmans que le Danemark prend ses distances avec ce film.

Mardi, M. Moeller a téléphoné au ministre iranien des Affaires étrangères Manouchehr Mottaki et selon le quotidien danois Berlingke Tidende, il a aussi contacté ses homologues syrien, indonésien, pakistanais et jordanien.

Mais cela n'a pas empêché des manifestants en colère de lancer des cocktails molotov dans l'enceinte de l'ambassade du Danemark à Téhéran mardi soir.

Selon Per Stig Moeller, les prêches dans les mosquées vendredi, plus que les efforts diplomatiques, seront décisifs pour désamorcer ou enflammer la nouvelle polémique.

"J'ai clairement l'impression que cela couve à différents endroits (...), il n'est pas clair si cela va éclater ou si nous allons parvenir à désamorcer (les tensions naissantes). Nous ne le saurons pas avant vendredi", a-t-il déclaré au Berlingke Tidende.

Près d’un an après la crise des caricatures

La crise des caricatures avait culminé en janvier et février 2006 a entraîné dans le monde musulman une vague de protestations, notamment, de violentes manifestations qui ont fait plusieurs morts et des attaques d'ambassades danoises.

Le boycott des produits danois dans les pays musulmans a coûté en cinq mois 1 milliard de couronnes (134 millions d'euros) aux entreprises du royaume, selon l'Institut national de la Statistique.

Cette semaine, le Danemark a mis en garde ses ressortissants à l'étranger des risques "de réactions négatives" en raison de la vidéo.




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