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Dalaï lama en France: pas de rencontre prévue avec les représentants musulmans.

Rédigé par Rachida Douadi | Lundi 18 Août 2008

Au septième jour d’une visite très commentée en France, le chef spirituel tibétain a fait halte ce week-end à Nantes et ce, pour six jours de conférences sur le thème « paix universelle, paix intérieure » avant de reprendre sa tournée dans le reste du pays. Dans un contexte politique propice à la surenchère polémique, le dalaï lama qui ne rencontrera pas le Président de la République pour cause de jeux olympiques à Pekin, n’a, semble t-il, pas été sollicité par les organisations musulmanes, en congés annuels.



Dalaï lama en France: pas de rencontre prévue avec les représentants musulmans.
C’est le chassé-croisé de l’été. Si les représentants de toutes les confessions locales ont été invitées, au 6ème cycle d’enseignements dispensé par le dalaï lama jusqu’au 20 août à Nantes, les organisations musulmanes n’ont pas répondu présent. Ce week-end, le recteur de la mosquée de Saint Herblain (Loire Atlantique) et le président du Conseil régional du culte musulman du Pays de Loire étaient absents des gradins du Zénith. « C’est une période assez délicate : entre vacances et fête de l’Assomption » reconnaît-on à l’association Océan de Sagesse, organisatrice de l’évènement. « Il y a eu des rencontres interconfessionnelles formelles lors des précédentes visites du dalaï lama, mais ce n’est pas prévu cette fois-ci » précise-t-on.

D’autant plus qu’aucune rencontre officielle n’aurait été programmée ou demandée par l’instance de représentation de l’Islam de France, depuis l’arrivée, le 11 août dernier, du Prix Nobel de la Paix et chef spirituel des Tibétains en visite jusqu’au 23 août. Du coté du Conseil représentatif des musulmans de France (CFCM), son nouveau président Mohammed Moussaoui était injoignable ces derniers jours et Haidar Demiryurek, vice-président chargé des régions, confirme avec précaution depuis son lieu de villégiature, qu’à sa connaissance il n’y a pas eu de démarche en ce sens.

En 1997, le recteur de la Grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, recevait pour la première fois en ce lieu, le dalaï-lama. « Un grand évènement » qu’il avait qualifié d’« ouverture nécessaire », parce que selon lui « quand on comprend, quand on s'imprègne un petit peu de la spiritualité bouddhique, c'est l'occasion d'un retour sur notre tradition, sur le "Juste milieu" » rappelait-il dans une interview accordée en 2001 à l’émission Voix Bouddhistes sur France 2. De son coté, Khaled Bentounès, fondateur des Scouts musulmans de France, investi dans le dialogue interreligieux à travers le monde, a rencontré le chef spirituel tibétain en 1999 dans le cadre d’une réunion inter tradition en Savoie. Il est également à l’origine d’échanges islamo bouddhiste.

Un voyage strictement religieux aux tournures politiques.

C’est au nom de son engagement pour « la promotion des valeurs humaines universelles », « une compréhension et une plus forte harmonie entre les traditions religieuses majeures du monde » et « la cause tibétaine » que Tenzin Gyatso, 14ème dalaï lama avait accepté de se rendre à Rennes en 2006. Mais son état de santé avait compromis sa venue. Ce dixième voyage répond à une invitation strictement religieuse de trois centres Bouddhiques. Cette nouvelle date a été arrêtée « pour des raisons d’agenda » indiquent les organisateurs, et d’après eux, « La concomitance avec les jeux olympiques de Pékin n’aurait pas retenu l’attention des médias et du grand public à ce point sans la violence des événements de mars dernier qui ont rappelé au monde la situation dramatique du Tibet et les conditions de vie du peuple tibétain. »

Une concordance de date néanmoins fâcheuse pour l’équipe présidentielle tiraillée entre ses intérêts avec la Chine et les affaires tibétaines. Mais pour d’autres raisons d’agenda, Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, ne rencontrera pas le Prix Nobel de la Paix ce mercredi, comme annoncé la semaine dernière. Son calendrier a été « bouleversé par la crise géorgienne » a-t-il annoncé au Journal du Dimanche. De son coté, Ségolène Royal, ex-candidate PS à la présidentielle a été reçue ce samedi. A l’issue de son cycle de conférences, le dalaï lama reprendra sa tournée en France avant de clôturer son voyage par l’inauguration d’un temple près de Lodève dans l’Hérault, en la présence attendue de Carla Bruni-Sarkozy.




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