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Sur le vif

Crise des Rohingyas : l’attitude d'Aung San Suu Kyi vertement critiquée

Rédigé par | Lundi 4 Septembre 2017



Crise des Rohingyas : l’attitude d'Aung San Suu Kyi vertement critiquée
Aung San Suu Kyi fut un temps prix Nobel de la paix. Mais ça, c'était avant. Son image ne cesse de se dégrader au fur et à mesure que la situation des Rohingyas se dégrade. En décembre 2016, plusieurs prix Nobel dénonçait déjà l'immobilisme de la cheffe du gouvernement birman.

C'est au tour de la Pakistanaise Malala Yousafzai, lauréate du prix Nobel de la paix, de réagir dimanche 3 septembre en publiant un communiqué sur son compte Twitter où elle est suivie par 850 000 abonnés. Elle dit avoir « le cœur brisé face aux souffrances des musulmans rohingyas de Birmanie ».

« Ces dernières années, je n'ai cessé de condamner le traitement honteux dont ils font l'objet. J'attends toujours de ma collègue prix Nobel Aung San Suu Kyi qu'elle en fasse de même », a-t-elle ajouté. La future étudiante en droit à Oxford l’octroi de la citoyenneté birmane aux Rohingyas, aujourd’hui apatrides dans leur pays car, « si leur foyer n’est pas la Birmanie, où ont-ils vécu pendant des générations ? »

La Birmanie vit actuellement l’une de ses plus graves crises humanitaires. Le bureau de coordination des Nations-Unies au Bangladesh a annoncé, lundi 4 septembre, que 87 000 rohingyas ont quitté leur pays ces dernières semaines. Depuis l’attaque menée le 25 août dernier par des rebelles rohingyas contre des postes de police, le régime exprime une répression violente envers les civils issus de la minorité de confession musulmane. Le nombre de réfugiés quittant la Birmanie pour rejoindre le Bangladesh en traversant la rivière qui sépare les deux pays a grossi dans des proportions jamais vues. Des centaines de morts ont également été recensés.

Des chefs d'Etats réagissent

La ministre des Affaires étrangères, Aun San Suu Kyi, porte-parole du gouvernement, ne s’est toujours pas exprimé. Elle s’est contentée de laisser son service de presse distiller des photos de forces de l’ordre tués à l’arme blanche ainsi que des remarques contre les médias internationaux qui ne désignent pas systématiquement les rebelles rohingyas comme des « terroristes ».

En Tchétchénie, une manifestation de soutien aux Rohiangyas a réuni des dizaines de milliers de personnes lundi 4 septembre. Plusieurs pays musulmans commencent à faire pression sur la Birmanie. Javad Zarif, le ministre des Affaires étrangères iranien, juge qu’ « une action internationale est cruciale pour éviter un nettoyage ethnique ».

« La situation terrible de nos frères et soeurs rohingyas doit être améliorée pour le bien de la Birmanie et de toute la région », a exprimé de son côté le Premier ministre de la Malaisie Najib Razak. « Nous sommes très inquiets face au nombre croissant de morts et de musulmans rohingyas forcés à se déplacer », ont déclaré les autorités pakistanaises.

En Turquie, le président Recep Tayyip Erdogan a, pour sa part, proposé de l’aide à son homologue Abdoul Hamid du Bangladesh afin d’héberger des réfugiés. Aung San Suu Kyi doit rencontrer, lundi 4 septembre, son homologue d’Indonésie, plus grand pays musulman du monde. Le week-end dernier, un cocktail molotov a été lancé contre l’ambassade de Birmanie à Jakarta, la capitale indonésienne.

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