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Crainte de guerre civile en Iraq

| Vendredi 24 Février 2006

Après la destruction mercredi d’un des plus hauts lieux de culte chiite d’Iraq, le mausolée au dôme d’or de Samarra, et malgré les appels répétés au calme lancé par les plus hauts dignitaires religieux du pays, la crainte d’une guerre civile couve et inquiète au plus haut point. Mosquées sunnites incendiées, imams assassinés, deux jours après les faits, le bilan fait état de plus de 150 morts et la tension est à son comble.



Mosquée d'Or de Samarra
Mosquée d'Or de Samarra
« Le crime [la destruction du mausolée, ndlr] vise à susciter la zizanie et la guerre civile en Irak. Les takfiris et les zarqaouis venus de l'extérieur cherchent à susciter cette guerre civile, mais nous devons les en empêcher» a déclaré hier le président irakien Jalal Talabani. Précisons que le mausolée, abritant les dépouilles des imams chiites Ali Al Hadi et Hassan Al Askari, était vieux de 1200 ans. Son dôme en or ainsi que la mosaïque ont été totalement soufflés et les dégâts s’avèrent irréversibles. Avec sa destruction, c’est une perle de l’architecture islamique qui disparaît.

Depuis ce jour fatidique, et malgré l’arrestation par la police d’une dizaine de suspects, la tension intercommunautaire est à son comble. Plus de 150 personnes, pour la grande majorité sunnites, ont été tuées, des mosquées sont incendiées, et trois journalistes de la télévision satellitaire Al Arabiya ont été retrouvés morts près de Samarra. Selon le Comité des Oulémas, organisme sunnite, dix imams ont été tués. « Nous pointons un doigt accusateur sur certains responsables religieux chiites qui ont préconisé des manifestations » a accusé le Comité.

Depuis ce matin, le gouvernement a décrété un couvre-feu à Bagdad et dans les trois provinces l’environnant. « La police arrêtera toute personne qui sortirait, ou même qui se rendrait aux prières » préviennent les autorités.

« Les Américains condamnent avec force la destruction de la mosquée d’Or. Nous croyons à la liberté de religion et je comprends la consternation et l’inquiétude des chiites irakiens » a déclaré le président américain George W. Bush, tandis que le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei pointait vers les Etats-Unis et Israël un doigt accusateur : « C'est un crime politique, qui peut être imputé aux services de renseignement des sionistes et des occupants de l'Irak » a-t-il déclaré.





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