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Ramadan

Comprendre le Ramadan

Rédigé par Bamba Amara | Lundi 27 Octobre 2003

Ce lundi 27 octobre est le 1er Ramadan de l’année 1424 de l’Hégire, l’année musulmane. Ce mois est un mois « sacré » pour tous les musulmans du monde. Le Coran l’a ainsi voulu : « Oh ! vous qui croyez, le jeûne vous est prescrit comme il a été prescrit à ceux qui vous ont précédés. Peut-être serez-vous pieux ?». Cette obligation islamique incombe au musulman pubère, en bonne santé physique et mentale. Même si des aménagements sont prévus pour les voyageurs, les femmes enceinte et bien d’autres catégories de personnes, il demeure que l’observation du jeûne du Ramadan est un des cinq actes fondamentaux qui marquent l’adhésion à la religion musulmane.



Ce lundi 27 octobre est le 1er Ramadan de l’année 1424 de l’Hégire, l’année musulmane. Ce mois est un mois ' sacré ' pour tous les musulmans du monde. Le Coran l’a ainsi voulu : ' Oh ! vous qui croyez, le jeûne vous est prescrit comme il a été prescrit à ceux qui vous ont précédés. Peut-être serez-vous pieux ?'. Cette obligation islamique incombe au musulman pubère, en bonne santé physique et mentale. Même si des aménagements sont prévus pour les voyageurs, les femmes enceinte et bien d’autres catégories de personnes, il demeure que l’observation du jeûne du Ramadan est un des cinq actes fondamentaux qui marquent l’adhésion à la religion musulmane.

Philosophie du jeûne musulman
Le prophète de l’Islam a non seulement jeûné mais il a exprimé la forme, la période et les conditions du jeûne musulman. En instituant le mois de Ramadan, neuvième mois du calendrier hégirien, comme un mois de jeûne pour tous, le Coran a conféré au jeûne un caractère obligatoire. Il a aussi précisé la raison de cet acte en mentionnant : ' Peut-être serez-vous pieux '.

La piété, à savoir l’attachement au service de Dieu, est donc l’objectif recherché par le jeûneur musulman. En s’abstenant de manger, de boire et de toute forme de volupté (du lever au coucher du soleil), ce jeûneur contrarie les penchants naturels de son corps dans l’accomplissement d’une prescription divine. En s’éloignant de la polémique, des disputes et des palabres, le jeûneur musulman s’entraîne à dominer son mental sur consigne de Dieu. Il affermit sa volonté. Il apprend à maîtriser ses pulsions naturelles. Il tourne son attention vers ce qui lui appartient et qui n’est pas matériel : ses valeurs, son éthique. Comme si, en sublimant les besoins naturels de ce qu’il possède et que nul ne peut lui enlever (son corps), il renouvelait l’engagement solennel ' Il n’y a de Dieu que Dieu ' qui fait de lui un musulman, en se mettant librement et entièrement sous la commande de Dieu qui lui a donné ce corps. Par la même, il fait corps avec les autres musulmans du monde qui ont tous pris le même engagement.

' Ceux qui vous ont précédés '
Le jeûne n’est pas une pratique nouvelle. L’idée de priver son corps des plaisirs, du manger et du boire pendant une période de temps est une idée que le Coran rattache aux prophètes de Dieu qui ont précédé le prophète de l’Islam.
Les fidèles du prophète Abraham jeûnaient lors de certains phénomènes naturels tels que les éclipses, les équinoxes ou les solstices. Les Sabéens jeûnaient 30 jours par an, en l’honneur de la lune qu’ils vénéraient. Les plus pieux d’entre eux jeûnaient le dimanche et le lundi, deux jours réservés à leurs dieux les plus importants. Les zoroastriens, les totemistes, les prêtres indiens d’Amérique jeûnent à diverses occasions selon des règles et des méthodes qui leur sont propres.

La religion israélite prévoit de nombreux jeûnes périodiques. Le plus important est le ' Yom kippour ', le jour du repentir ou le jour du pardon. Ce jeûne qui dure d’un coucher de soleil à l’autre marque le début du calendrier israélite. Son but est d’offrir l’opportunité au fidèle d’expier ses péchés.
Le prophète Jésus a observé un jeûne. Il a recommandé à ses disciples de jeûner sans fixer de conditions d’époque ni de durée. Ce qui a permis aux chrétiens d’instaurer la pratique du Carême dont le respect est très variable selon les groupes et les églises chrétiennes.

 

Principe spirituel du jeûne musulman
Sur un plan ' mécanique ', l’approche islamique fait du jeûne un doux exercice d’ascèse dont le principe ne peut être compris sans s’intéresser à la nature de l’homme dans la philosophie islamique.

Chacun sait qu’un humain n’est pas fait que de cellules. Il est constitué de cellules mais aussi de valeurs éthiques (que la morale sociale essaye généralement de traduire). Si les cellules humaines sont visibles et quantifiables, les valeurs éthiques sont immatérielles. En Islam, le ' siège ' des valeurs éthiques est appelé l’âme. Certaines philosophies nous enseignent que le corps est une ' prison ' dans laquelle l’âme serait piégée. L’Islam nous enseigne que le corps est un ' atelier ' où l’âme doit s’exprimer, s’édifier dans l’expérience d’une manifestation terrestre.

Ainsi, l’Islam considère chaque humain comme le mariage d’une masse de cellules organisées sous la responsabilité d’une âme nantie de valeurs inspirées par Dieu. Et si le corps, ses cellules, qui sont matérielles, se nourrissent du manger et du boire (éléments matériels), l’âme ( qui est spirituelle) se nourrit de l’Amour de Dieu et de valeurs spirituelles.

Il se trouve que, dans notre expérience quotidienne, notre condition humaine terrestre, nos cellules reçoivent régulièrement leur nourriture. Et, sans autre effort de notre part, sans acte d’adoration spécifique, la vie matérielle de nos cellules aurait tendance à prendre le pas sur la vie spirituelle de notre âme. Avec le risque de gommer notre aptitude à la Conscience et nous plonger dans une condition proche des animaux : manger, boire, dormir, se réjouir et se reproduire. C’est pourquoi l’Islam a imposé plusieurs types de Ibadat, les actes d’adoration, dont les plus populaires sont la Salat, la prière rituelle, et le jeûne du Ramadan.

En coupant les cellules de leurs sources d’énergie privilégiées, le manger, le boire et les plaisirs, le jeûneur affaiblit leur empreinte sur l’humain. Ses instincts s’étiolent et, naturellement, l’âme occupe une place plus importante dans sa vie. Elle  impose ses valeurs éthiques à l’ensemble de son être pour laisser s’exprimer sa face angélique faite d’Amour. Loin de toute idée de compétition à la mortification, le jeûne du Ramadan est une épreuve de purification physiologique et de clarification spirituelle à la fois individuelle et collective. Tel est le principe du jeûne annuel que l’Islam a institué. Tel se veut le Ramadan : un mois d’intériorité, de recueillement et d’entraînement à la piété. Le Ramadan est donc sans ramdam.

Un jeûne qui maintient jeune
Pourtant, dit-on, les scientifiques ont montré que quatre semaines suivies de jeûne musulman par an procurent d’incontestables bienfaits sur la santé, sur l’équilibre du taux de cholestérol et la vitalité des cellules. D’aucun dirait que le jeûne garde jeune. Mais le jeûneur musulman sait que ces bénéfices médicaux ne sont que de petites expressions de la sagesse divine. Ils l’encouragent dans sa Ibadat, son acte d’adoration. A l’image du plaisir du goût qui exhorte un enfant à finir un plat dont l’objet est de le nourrir, les retombées médicales du jeûne encouragent le jeûneur musulman à nourrir son âme de l’Amour et de la Présence de Dieu. Le but étant d’intensifier son pacte éthique. Pacte d’une créature dans le projet terrestre du Créateur. Une fois pleinement vécu le Ramadan, le jeûneur sera plus apte, s’il le veut, à intensifier aisément l’engagement à la piété qui fait l’objet du jeûne. C’est pourquoi de nombreux musulmans de modeste niveau de piété profitent de l’occasion de ce mois béni pour renouer avec la pratique spirituelle. Ils s’acheminent ainsi vers Al Rayan, la noble porte du Paradis exclusivement réservée aux jeûneurs.





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