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Clandestini Corsi condamné pour des attentats racistes

| Mercredi 18 Octobre 2006

Les 12 membres de Clandestini Corsi ont été condamnés, hier par la cour d’assises spéciale des mineurs de Paris, à des peines de prisons fermes pour sept attentats commis en 2004 à l’encontre de la communauté maghrébine de Corse. Compte tenu du caractère raciste des actes commis, le tribunal n’a retenu aucune circonstance atténuante pour ces jeunes, souvent mineurs au moment des fais. Ils ont donc écopés de peines allant de six mois à sept ans d’emprisonnement.



Sept attentats à caractères racistes sont à l’origine de la poursuite judiciaire contre ces jeunes membres de Clandestinie Corsi, groupuscule créé début 2004 en s’étant fixé pour but de « ralentir le trafic de drogues » sur l’île de Corse. Le procès des jeunes membres de Clandestini Corsi s’est ouvert, à la cour d’assise des mineurs de Paris, le lundi 2 octobre à huit clos.

L’avocate générale Delphine Dewailly a insisté sur le caractère raciste des attentats, réclamant des peines d’emprisonnements comprises entre six mois et huit ans. La cour a été particulièrement stricte sur les peines infligées, ne tenant pas compte du jeune age des protagonistes et même de la minorité de deux d’entre eux lors des faits. Le verdict a été rendu publiquement hier. Les douze membres de ce groupuscule clandestin, âgés aujourd’hui de 19 à 31 ans, ont donc écopés de six mois à sept ans d’emprisonnement pour des attentats commis dans les environs de Bastia en 2004. Trois des accusés, dont un mineur, ont écopé de sept ans de prison, trois autres de six ans, et trois autres de cinq ans dont deux avec sursis. Les trois derniers, parmi lesquels un mineur, ont écopé de deux ans dont six mois ferme.


Caractère raciste

L'accusation a retenu la motivation raciste des jeunes accusés qui ont reconnu les faits. Dans leurs communiqués, les auteurs des attentats dénonçaient « le comportement d'une certaine minaurité (sic) magrhébine (resic) qui instaure une forme de délinquance urbaine qui se fait de plus en plus présente sur l'île. »

L’enchaînement des évènements racistes durant cette période est impressionnant. Le 19 mars 2004, une charge de faible puissance explose à Bastia au lendemain de bagarres entre des lycéens d'origine maghrébine et corse. L'acte est revendiqué trois jours plus tard par "I Clandestini Corsi" : "Les clandestins corses". Le 30 mars, dans une lettre adressée à la police, le groupe annonce son intention de « s'attaquer aux communautés extérieures vivant sur l'île ». Le 22 mai 2004, le drapeau du consulat du Maroc, dans la banlieue de Bastia, est enlevé et brûlé. Le lendemain, une boucherie appartenant à une famille marocaine est endommagée par un attentat à Porto-Vecchio (Corse-du-Sud).

Le 7 juillet 2004, Clandestini Corsi revendique trois attentats commis le 1er juillet contre une banque à Biguglia et deux commerces appartenant à des Maghrébins à Bastia.

La maison en construction d'un artisan d'origine maghrébine est partiellement détruite le 3 septembre 2004 par un engin explosif à Biguglia. Le 19 juillet, cette maison avait déjà été la cible d'une tentative d'attentat et des inscriptions "Terre Corse, les Arabes dehors",ont été découvertes sur les murs, signées d'un "Mouvement Clandestin Anonyme" (MCA).

Le 12 septembre 2004, un attentat est commis contre la voiture d'un Marocain à Bastia. "la drogue dehors" et le sigle "MCA" sont découverts sur l'immeuble voisin.
Le 17 septembre 2004, un gérant de station-service d'Ajaccio d'origine marocaine est tué par balles. Le mobile raciste n'est à ce jour pas encore établi. Le lendemain, le véhicule de fonction d'un employé du consulat du Maroc fait l'objet d'une tentative d'attentat à Biguglia.
Le 25 octobre 2004, des tirs surviennent contre un local de prières musulman à l'Ile-Rousse, en Haute-Corse.

Le 26 novembre 2004, Cinq jeunes soupçonnés d'appartenir au groupuscule armé Clandestini Corsi sont mis en examen à Paris, portant à 14 le nombre total de mis en examen dans ce dossier. Le lendemain, un attentat est commis contre l'imam de la mosquée de Sartène.

Lors d’une conférence de presse clandestine effectuée en novembre 2004, les membres de Clandestini Corsi ont affirmé que le groupe n'était « ni nationaliste, ni raciste » et que leur objectif était de « ralentir le trafic de drogue » sur l'île. Clandestini Corsi affirmait dans un communiqué vouloir « stopper l'immigration qui ronge l'île depuis trop d'années déjà ». Ils poursuivent : « Nous félicitons le mouvement clandestin anonyme pour leur opération contre le domicile d’un Maghrébin à Biguglia ». Clandestini Corsi, qui explique que son combat « n’est pas à but raciste » mais « pour la survie du peuple corse », avait, lui, revendiqué le 7 juillet trois attentats. « Il est inadmissible que cette racaille s’enrichisse sur notre terre », écrivait le groupe clandestin, menaçant la communauté maghrébine en Corse : « Ils seront touchés à leur domicile privé et des éliminations physiques seront perpétrées contre les plus réticents. »


Lors d'un déplacement en Corse le 7 octobre, Jean-Marie Le Pen, le président du Front national, a exprimé son soutien aux accusés. « On a assimilé les plasticages des Clandestini Corsi à du racisme lorsqu'il n'y avait qu'une réaction de désespoir de jeunes gens qui refusent de voir leur culture disparaître », a-t-il déclaré devant des sympathisants de son parti.






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