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Chirac appelle « Au oui... citoyens ! »

Rédigé par Ammar B. | Vendredi 15 Avril 2005

Chirac ouvre sa campagne sur le 'oui' à la constitution européenne. Hier jeudi 14 avril, devant un échantillon de 83 jeunes qui se voulait représentatif de l’ensemble de la France, le président de la République s’est voulu pédagogue et rassurant. Aux jeunes gens invités sur le plateau, il s’est adressé en grand-papa assez sage et « cool » qui défend la France. « N’ayez pas peur » leur a-t-il lancé, avec l’intention de toucher directement l’ensemble de la France qui pense de plus en plus en termes de « non ».



Chirac ouvre sa campagne sur le 'oui' à la constitution européenne. Hier jeudi 14 avril, devant un échantillon de 83 jeunes qui se voulait représentatif de l’ensemble de la France, le président de la République s’est voulu pédagogue et rassurant. Aux jeunes gens invités sur le plateau, il s’est adressé en grand-papa assez sage et « cool » qui défend la France. « N’ayez pas peur » leur a-t-il lancé, avec l’intention de toucher directement l’ensemble de la France qui pense de plus en plus en termes de « non ».

 

Référendum et confiance au gouvernement

 

Les sondages de la semaine montrent que le « non » s’installe confortablement au-delà des cinquante pour-cent. A six semaines du 29 mai, le chef de l’Etat a voulu lancer la campagne pour le « oui », depuis le plateau de TF1. A défaut de pouvoir convaincre, Chirac a voulu prévenir les Français : «  Seule notre puissance politique au sein de l’Europe aujourd’hui nous permet de défendre des intérêts, si demain nous avons voté non, nous n’aurons plus de puissance. » A chacun ses responsabilités semble dire le chef de l’Etat à une France qui est loin de se mobiliser dans le débat sur la constitution européenne.

 

Dans les milieux déjà engagés, la contestation de l’Europe s’étend désormais au-delà du noyau dur traditionnel d’opposants nationalistes. On entend désormais des « non » au-delà du Front National de Jean Marie Lepen et des rangs de messieurs Chevènement et  Devilliers. A ces eurosceptiques idéologiques classiques s’ajoutent désormais un pourcentage non négligeable de contestataires que les experts ont du mal à nous expliquer. Certains trouvent la constitution « trop à droite », d’autres la trouvent « trop à gauche ». Autant dire que Jacques Chirac navigue en eaux troubles mais ne joue pas sa place puisqu’il affirme qu’il ne démissionnera pas même si le « non » l’emporte.

La stratégie consistant à tirer sur la fibre nationale pour appeler à voter « oui » est plus que risquée. Aussi le Président de la République invite-t-il la France à « dépolitiser le débat » car ce référendum sur l’Europe prend des allures de vote de confiance au gouvernement qui est aujourd’hui très impopulaire.

 

Les réactions

 

Pour le Premier ministre Jean Pierre Raffarin, la prestation télévisée de Jacques Chirac est une « feuille de route » pour le gouvernement. Mais pour le secrétaire national du parti socialiste, François Hollande, le chef de l’Etat a « consacré l’essentiel de son propos à prendre la France à témoin des querelles qui agitent sa propre famille politique ». Une analyse à laquelle s’associe Julien Dray, porte-parole du PS qui estime que l’émission de TF1 révèle une très grosse tension entre le président de la République et Nikolas Sarkozy, ex-ministre de l’Economie et des Finances de l’actuel gouvernement.

Pour le coup, les Verts se tiennent loin d’une analyse politicienne et reviennent à leurs revendications essentielles : « Rien de concret du côté des mesures attendues, ni pour la cohésion sociale, ni pour l’éducation, ni pour l’environnement subitement et totalement disparu des pensées et du discours de Jacques Chirac », s’étonne Milleille Ferri, porte-parole du parti.

Mais rien n’est joué pour les partisans de M. Chirac qui ont six semaines pour expliquer ce document de 400 pages qui fait déjà l’objet de nombreux livres. En 1992, peu avant le référendum sur les accords de Maastricht, François Mitterand avait réussi à inverser la tendance lors d’une émission de télé. Chirac n’est pas Mitterand mais la France reste la France et les prochains sondages d’opinion sont déjà très attendus.





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