Connectez-vous
Islam | Musulman | Toute l’actu sur Saphirnews.com
Facebook
Twitter
Google+
Dailymotion
YouTube
Rss





Points de vue

Charlie Hebdo a faim

Par Amara Bamba

Rédigé par Amara Bamba | Lundi 24 Septembre 2012



Jésus a vaincu la mort, mais il est monté aux Cieux en laissant les cons en l’état. Ceux de Charlie le prouvent. Les voilà qui rempilent sur le Prophète et qui nous récitent leur prière de banquiers sur la « liberté d’expression ». Je suis d’accord avec Charlie : on peut rire de tout. Mais de ce « on » fumeux, moi j’exclus les cons.

Lorsque Charlie Hebdo recopia les dessins du Jyllands-Posten, je me dis qu’ils avaient perdu leur âme. Calquer ce que d’autres créatifs ont produit, ce n’est pas du grand art. Ça remplit la cagnotte mais ça réhabilite un canard raciste et islamophobe. Ça, c’est moche, pas humaniste, pas libertaire. On met du beurre dans ses épinards, mais sur la langue on garde un goût de croix gammées. Drôles de gauchos qui bouffent dans une gamelle sans lever la tête pour voir qui la tend.

Sa contrefaçon du Jyllands-Posten, Charlie l’a bien vendue. Sa poignée de fans, mais surtout les néo-réactionnaires, beaucoup de nazillons et autres racistes et islamophobes, dont la Sarkozie avait libéré les instincts. Du beau monde pour admirer le talent de Charlie. Battre le fer pour ces gens-là, Choron et Cavanna auraient adoré ! Mais « le temps ne fait rien à l’affaire, quand on est con, on est con ». Merci Brassens.

Le client est roi, il ne fallait donc pas rater « L’Innocence des musulmans ». Et tant pis, si, dans les toilettes du journal, il y a un peu plus des croix au fond de la cuvette. Et tant pis si la Marine ramène sa tronche de goule en soutien. C’est qu’elle connaît bien ce parfum, la Marine. Elle le respire depuis toute petite. Elle, au moins, assume son islamophobie, même si le cran ne fait rien à l’affaire : quand on naît con, on pense con.

Des amis de Charlie, il y en a aussi dans le dîn. Faire at-tayammum en plein cœur de Paris, trouver la qibla, former les safat, réciter les « Sept répétés » et descendre en sujûd, pour les caméras et les flashs, à même le pavé, les caniveaux, les crottes et dire qu’on défend Rassûl ? Non, j’y crois pas... C’est peut-être un petit kif collectif. Mais la salât, ce cadeau qu’il a ramené du Miraj, c’est pas pour animer un show ! On ne sert pas de cette confiture aux cochons, même si ça permet de passer au 20 heures gratos... Bref, il y a plus con. Ces compères de Charlie qui brûlent des drapeaux nationaux.

De quoi devenir fou ! Incendier le symbole du tout quand on vise la partie, c’est vraiment pas malin. C’est justement ce que fait Charlie quand il croque le Prophète. « On ne parle pas des musulmans en général mais des intégristes armés », racontent-ils. Mais le Prophète, il est pour tout musulman. Et le drapeau appartient à toute la nation, pas seulement aux islamophobes. En vérité, la foi ne fait rien à l’affaire : quand on est con, on croit con.

Charb de Charlie a oublié ses classiques, ou il devrait éviter la gnôle quand il passe à la radio. Le voilà qui nous explique : « Eux, ils craignent la loi de Dieu. Nous, on craint éventuellement la loi de la République. » Bravo pour le « eux » et merci pour le « nous ». Jules Ferry peut dormir tranquille, la relève est assurée. Ce « eux et nous », ce vocable esclavagiste, colonialiste, lepeniste est réchauffé pour opposer la « liberté d’expression » à la « liberté de conscience ».

Oui, Charb, il y a eu menace sur nos libertés, liberté de presse inclue. Mais la menace fut battue aux présidentielles. Et lorsque Siné, dans la menace, a planté sa plume, il était encore dans le gang de Charlie. Or, la menace a grondé, Charlie, sur le ventre, s’est allongé. Siné viré. C’est là que j’ai compris que Charlie ne pouvait pas perdre son âme, il n’en avait pas.

Liberté d’expression ? Charb parle d’un leurre. Il lève la tête pour cracher et s’étonne des gouttes qu’il reçoit sur le nez ! C’est pas naïf, c’est con. Ils font les masochistes et espèrent tirer le gros lot : une petite menace de mort.
Ils aimeraient bien ça. Qu’un de leurs amis, ceux qu’ils moquent, lance une telle menace depuis son minbar lointain. La France sera prise à la gorge et devra se ruer au secours de ces valeureux laïcs de notre tradition libertaire, derniers remparts contre l’obscurantisme... On connaît la chanson.

Le genre fut rôdé par Robert Redeker. Cet islamophobe, menacé de mort par e-mail, a trouvé refuge au CNRS. Drôle d’endroit pour échapper à un dangereux tueur ! Et quand Charlie aura son rôle dans une pièce à la Robert Redeker, il aura son jackpot. Ça en sera fini des soucis d’argent. L’argent, oui, le dieu dont ils ont tant peur, plus que des lois de la République. Rachid Nekkaz l’a compris.



Amara Bamba


Points de vue | Débats Interactifs | Chroniques




Loading


Inscription à la newsletter





L'actu vue par Yace