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Sur le vif

Caméra non grata chez Dati

| Samedi 8 Mars 2008



Une vidéo qui peut à nouveau faire polémique a fait irruption vendredi sur le Net. Filmée par l’équipe de «La Télé Libre» mercredi dernier, on y voit le balai de militants UMP se placer devant la caméra pour empêcher l’enregistrement d’une réunion de Rachida Dati, candidate UMP dans le 7e arrondissement de Paris.
«Dans une réunion publique, ce n’est pas normal que l’on ne puisse pas filmer avec des caméras, explique John Paul Lepers, le patron de La Télé Libre. Les politiques ont peur de dire des conneries et que celles-ci se retrouvent sur Internet, un média qui incarne le diable pour eux.»

Joseph Hirsch, qui était sur les lieux, raconte: «Pourquoi nous a-t-on empêché de filmer? La peur de la «petite phrase» est certainement grande à l’UMP depuis que les dérapages de Rama Yade, Françoise de Panafieu, Jean Marie Cavada, et Nicolas Sarkozy se sont retrouvés joués en boucle sur Internet et les chaînes d’information. Mais mercredi soir, aucune autre caméra que la notre n’a été bousculée. Nous filmions pourtant exactement comme les autres. La seule différence, c’était l’autocollant Télé Libre.»

En fait, «La Télé Libre» n’en est pas à son premier démêlé avec Rachida Dati, actuelle garde des Sceaux. En février dernier, alors qu’elle n’est pas encore au gouvernement, elle est filmée en train d’ironiser sur les attributions de son futur poste ministériel. Elle se qualifie alors de «ministre de la rénovation urbaine à coup de Karcher» et part dans un grand éclat de rire, avant de voir la caméra qui tourne. «Oh non, ça craint là». Cette vidéo, c’est la Télé Libre qui l’a diffusée.

«C’est probable qu’elle a quelque chose contre nous, reprend John Paul Lepers. Pourtant, on ne la filme jamais en caméra cachée.»

Et André Gunthert, chercheur en histoire visuelle à l’EHESS, de conclure: «Empêch(er) la production même de l’image […] produit aussi des images.»




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