L'UAM93, le défi du changement Par sa jeunesse, son activisme et son ouverture sur la champ citoyen, l'UAM-93 jouit d'une respectabilité certaine dans le département. Et depuis la création du CFCM, les dirigeants de l'UAM-93 tentent d'entrer dans le jeu électoral avec l'espoir de monnayer leur notoriété en briguant quelques sièges au CRCM-Paris centre. Une ambition que les fédérations établies ne voient pas d'un bon oeil.
Aux élections de 2005, l'UAM avait dénoncé les pressions exercées par les grandes fédérations sur ses délégués. Mensonges, menaces et chantages étaient sur la liste des forfaits évoqués. L'affaire avait été portée en justice sans que l'association ne puisse se présenter aux élections après le rejet de sa liste. Cette année le même schéma avait été enclenché mais l'issue est différente car la liste de l'UAM-93, le Changement, a été validée hier, en fin d'après midi, trois jours avant les élections.
Dirigée par Hassan Farsadou, ancien membre de l'UOIF, la liste du Changement se dit résolument opposée à
« l'islam de consulats et l'islam des affairistes », un vocable dont elle use pour désigner ses adversaires.
Investie dans la vie locale, de l'UAM-93 ne rate pas une occasion de se faire entendre. Sur le champ du culturel comme celui du politique elle ne manque pas de visibilité. Son crédit auprès des élus locaux est envié. Ses dirigeants sont appréciés par la jeunesse musulmane du département qui adhère majoritairement à ses activités.
Avant hier, 4 juin 2008, la liste de l'UAM93 est rejetée par le Comité régional électoral (Corelec), organe régional du CFCM chargé d'étudier les candidatures. Le motif du refus est que
« le candidat N°32 ne peut être candidat sur aucune liste, décision du 1er juin 2008... ». En réalité, le candidat en question est membre d'une association dont le président a décidé qu'aucun membre de son association ne peut être délégué sur une liste électorale du CRCM.
Pour M'hammed Hennich, cette procédure est classique,
« Ce sont les grosses fédérations qui font pression sur les présidents des associations et leur font prendre ce type de décision pour nuire aux listes indépendantes. » Le cas n'est pas isolé et
n'est pas nouveau. L'UAM93 exigera que soit prise en compte l'avis individuel des délégués et non le diktat d'un président d'une association dont il serait membre.