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Hijab and the City

C'est quoi, le féminisme ?

Rédigé par Khadija Tighanimine | Lundi 15 Février 2010



En France, l'ordonnance du 21 avril 1944 reconnaît le droit de vote et d'éligibilité des femmes.
En France, l'ordonnance du 21 avril 1944 reconnaît le droit de vote et d'éligibilité des femmes.
Être féministe pour beaucoup, c’est avant tout ne plus voir la femme comme un être sexué, comme une simple génitrice. Il s’agit de reconnaître ses compétences, sa valeur ajoutée dans une société où c’est l’homme qui fait la loi ! Fini les biberons et les carrières avortées : ce que l’on revendique, c’est l’égalité !

L’égalité, oui, mais laquelle ? Et ce débat peut aller loin, vraiment loin, tellement loin que cela en devient presque aberrant. Est-ce légitime de s’insurger contre celles qui allaitent leurs poupons ?

Élizabeth Badinter, grande défenderesse du féminisme à sa sauce, a jugé régressive et préjudiciable pour la cause féminine, la volonté de NKM d’allaiter son enfant. Ce qu’elle déplore, c’est l’image de la femme-mère, celle qui donne la vie et qui doit l’assumer. En fait, ce que veut Élizabeth, c’est une femme androgyne, qui, idéalement, n’aurait pas à subir son cycle menstruel, enfanter et, pire, éduquer. Ce qu’elle veut, c’est une femme qui ne pense qu’à sa carrière et à la politique, une femme pour qui la féminité rime avec régression.

Imaginons-nous alors en chantre du féminisme version Élizabeth B.

Premièrement, on doit, avant toute chose, perdre l’adresse de son coiffeur ou, mieux, le poser en ennemi. On arborera alors une tignasse fade et grisonnante, digne de celle qui en voulait à Hansel. En somme, c’est perdre toute féminité, pour ne pas tomber dans le piège de la femme-objet. Et là, pour le coup, c’est plutôt la femme-épouvantail qu’il faut devenir !

Ensuite, il nous faut être actionnaire principal de Publicis et promouvoir les pubs sexistes ; c’est ce qu’on appelle du pragmatisme, mon petit.

Enfin, dès qu’il est question du voile, on s’indigne jusqu’à en perdre la raison, jusqu’à déshumaniser celles qui le portent ou les faire passer pour des bêtes.

Et puis, il y a un autre genre de féminisme, un peu moins extrémiste mais qui ne manque pas de flirter avec la niaiserie et l’intolérance. C’est celui de celles qui emploient ce qualificatif et s’en réclament, comme l’on se réclame d’être le chantre de la paix dans le monde, mais qui n’hésitent pas à abattre les femmes qui ne leur ressemblent pas. En gros, c’est se dire féministe pour le dire, ou plutôt se dire féministe plutôt que s’abstenir. C’est aussi creux qu’une coque de noix vide.

Enfin, il y a le féminisme qui considère que tout est relatif, et qu’être féministe, ça n’est pas s’opposer à la gent masculine ni encore faire le choix des femmes que l’on défendrait. Toutes les causes sont à défendre, aussi bien celle de la carriériste, de la prostituée ou encore de celle qui a des convictions.

Alors, à la question : « Le féminisme, c’est quoi ? », je dirais que c’est une de ces arnaques pour laquelle tout le monde veut sa part de mérite et de reconnaissance, une guerre des sexes pleine de contradictions et une de ces doctrines en « -isme » qui n’est là que pour endormir un peu plus les masses…




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