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Bush veut 20 000 soldats de plus en Irak

| Mercredi 10 Janvier 2007

C’est aujourd’hui, vers 21h heures locales (02h00 GMT jeudi), que le président Bush doit présenter son nouveau programme d’actions pour l’Irak, prévoyant l’envoi de 20 000 soldats supplémentaires malgré l’impopularité grandissante de cette guerre et les 3 000 soldats tués sur le terrain. C’est le huitième plan de bataille depuis l’invasion de mars 2003. Le président américain est sujet à de vifs critiques populaires mais aussi politiques, notamment de la part du Congrès, à majorité démocrate.



Bush veut 20 000 soldats de plus en Irak
L'envoi d'environ 20.000 soldats supplémentaires en Irak devrait représenter l'élément essentiel du discours très attendu du président américain et qui catalyse déjà les critiques. Le plan devrait aussi comprendre un volet économique et des objectifs assignés au gouvernement irakien pour qu'il accélère sa prise de responsabilités. Près de quatre ans après avoir envahi l'Irak, les Etats-Unis ont perdu 3.000 soldats et plus de 22.000 ont été blessés, la violence n’a de cesse d’augmenter, faisant depuis le début de cette guerre, plus d’un demi millions de victimes civils.

George W. Bush, qui espère que sa nouvelle stratégie change la donne en Irak et sauve ses deux dernières années de mandat, a prévu de rencontrer dans l'après-midi les nouveaux dirigeants démocrates du Congrès. Les démocrates, fraîchement élus majoritaires, se sont déjà montrés opposés à toute augmentation des troupes, rappelant qu'une telle stratégie a déjà été appliquée par le passé, en vain. Légalement, ils n'ont pas les moyens d’empêcher une telle décision car le chef de l'Etat est aussi le chef de l'armée, ayant tous les pouvoirs sur ce sujet.

Les Etats-Unis comptent actuellement 132.000 militaires en Irak. Depuis l'invasion de mars 2003, plus de 3.000 militaires américains sont morts dans ce pays.

Vives oppositions

Ted Kennedy, sénateur démocrate, a demandé mardi qu'une loi soit votée pour que l'envoi de troupes supplémentaires reçoive l'accord du Congrès. « Ce que nous disons est que le président, avant d'envoyer des soldats supplémentaires dans une guerre civile, doit venir devant le Congrès et recevoir l'accord pour ce déploiement », a dit M. Kennedy dans une interview donnée à la chaîne NBC.

Les nombreuses en quêtes faites auprès de la population américaine rende le conflit irakien et l’idée de renvoi de troupes supplémentaire très impopulaire. Dans USA-Today-Gallup, ne enquête publiée mardi, révèle que 61% des Américains interrogés y sont opposés et 47% d'entre eux estiment que l'arrivée de ces nouveaux contingents ne permettra pas d'améliorer la situation en Irak. CBS a publié un autre sondage démontrant que seuls 18% d'Américains sont favorables à une hausse du nombre de soldats en Irak, que 30% sont pour une baisse, 29% appellent à un retrait pur et simple et 17% veulent que le niveau actuel reste inchangé.

Pourtant, l’administration Bush semble vouloir donner une certaine importance à l’opinion publique : « L'opinion publique et le soutien public sont très importants », a indiqué Tony Snow, porte-parole de M. Bush, indiquant qu’il attendait de voir « comment la population va répondre, pas uniquement au discours mais aux éléments contenus dans le plan, au débat politique qui va suivre ». « Cela va prendre du temps aux gens de réfléchir. Et nous allons passer beaucoup de temps à en parler, parce que c'est important de faire cela. » a-t-il ajouté.

Après son discours de ce soir, M. Bush devrait se rendre demain sur la base militaire de Fort Benning en Georgie (sud) pour parler de son plan, alors que la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice et le secrétaire à la Défense Robert Gates iront le défendre devant le Congrès.

Terrain

Sur le terrain, la situation s’empire de jour en jour. De violents combats ont, une nouvelle fois, éclatés durant toute la journée de mardi et en plein centre de Bagdad faisant une cinquantaine de morts, selon le ministère irakien de la Défense : « Cinquante insurgés ont été tués et 21 autres, dont des Arabes, ont été arrêtés ». L’armée américaine a annoncé que cette « opération conjointe » avec les forces de sécurités irakiennes, avait pour but de reprendre le contrôle de Haïfa-Alaoui, un quartier sunnite sur la rive ouest du fleuve Tigre.
« Le gouvernement est déterminé à nettoyer le quartier », devenu « un refuge de terroristes », a déclaré Ali al-Dabbagh, porte-parole du Premier ministre irakien Nouri al-Maliki. M. Dabbagh a de plus indiqué que les autorités irakiennes n'avaient aucune objection à une hausse du nombre de soldats américains déployés à Bagdad.

Par ailleurs, un avion civil en provenance de Turquie, avec 35 personnes à bord, s'est écrasé au nord de la capitale, pour une raison indéterminée, tuant 34 de ses occupants. L'avion, moldave, s'est écrasé près de Balad (70 km au nord de Bagdad), localité toute proche de la plus importante base de l'armée américaine en Irak, selon le ministère irakien des Transports. « Trente-quatre personnes sont mortes dans l'accident: un Américain, 28 Turcs et les cinq membres d'équipage. Il y a un survivant, qui est grièvement blessé », a déclaré à l'AFP un responsable de l'ambassade de Turquie à Bagdad. Une enquête a été ouverte.

Exécutions

Le Premier ministre britannique Tony Blair s’exprimé, mardi, pour la première fois sur la condamnation de Saddam Hussein, jugeant « inacceptable » et « complètement inadéquate » la façon dont il a été exécuté. « Mais cela ne doit pas nous rendre aveugles face aux crimes qu'il a commis contre son peuple », a-t-il dit au cours d'une conférence de presse commune avec son homologue japonais Shinzo Abe qui entamait à Londres une tournée européenne. M. Blair a rappelé « la mort de centaines de milliers d'Irakiens innocents, le million de victimes de la guerre Iran-Irak et l'usage d'armes chimiques contre son propre peuple, effaçant des villages entiers. » Saddam Hussein, condamné à mort pour l'exécution de 148 villageois, a été pendu le 30 décembre et ses derniers moments jusqu'à la pendaison ont été filmés. M. Blair se trouvait alors en vacances en Floride et n'avait fait aucun commentaire.

Le gouvernement irakien s'est dit « déterminé » à exécuter dans les prochains jours deux anciens dirigeants de l'ancien régime, Barzan al-Tikriti et Awad al-Bandar, condamnés à mort en même temps que l'ancien raïs en novembre.

Le Royaume-Uni, de son côté, a récemment annoncé qu'il voulait réduire ses troupes en Irak de plusieurs milliers d'hommes d'ici à la fin de l'année. Près de 7.100 soldats britanniques y sont actuellement déployés, principalement dans la province majoritairement chiite de Bassorah (sud), où ils sont presque quotidiennement la cible d'actes de violences.




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