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Economie

Budget 2004 : Raffarin prépare la rentrée.

Rédigé par Bouchene Salem | Mercredi 30 Juillet 2003

La grande réforme de L’Etat, qui tenait tant à coeur au président Jacques Chirac et à son 1er ministre J.P.Raffarin, sera finalement plus douce que prévue. En effet, face à une conjoncture plutôt morose et une situation sociale tendue, le gouvernement semble décidé à diminuer la pression voulue jusqu’ici sur les dépenses publiques. Ainsi, la baisse des effectifs de la fonction publique sera beaucoup moins stricte que prévue et, lors du comité interministériel sur l’Education, qui se tenait lundi 28 à Matignon, on annonçait même la création de 4000 postes d’assistants d’éducation. Le gouvernement semble avoir tiré des leçons des mouvements sociaux d’avril et mai 2003…



La grande réforme de L’Etat, qui tenait tant à coeur au président Jacques Chirac et à son 1er ministre J.P.Raffarin, sera finalement plus douce que prévue. En effet,  face à une conjoncture plutôt morose et une situation sociale tendue, le gouvernement semble décidé à diminuer la pression voulue jusqu’ici sur les dépenses publiques. Ainsi, la baisse des effectifs de la fonction publique sera beaucoup moins stricte que prévue et, lors du comité interministériel sur l’Education, qui se tenait lundi 28 à Matignon, on annonçait même la création de 4000 postes d’assistants d’éducation. Le gouvernement semble avoir tiré des leçons des mouvements sociaux d’avril et mai 2003…  

 

 

C’est en fin de semaine que les différents ministères connaîtront l’enveloppe budgétaire qui leur sera allouée pour 2004. Le gouvernement, tenu pourtant de réduire ses dépenses pour notamment respecter le pacte de stabilité, est contraint de revoir ses objectifs d’austérité sur les dépenses publiques étant donné le climat économique et social.  

 

Une rigueur plus douce que prévue

 

Même si le gouvernement  reste sur sa volonté de réduire ses dépenses et qu’en 2004, selon les mots du 1er Ministre, il 'ne dépensera pas un sou de plus par rapport à 2003', la cure d’amaigrissement sera finalement plus légère que prévue, épargnant certains ministères par rapport à d’autres. Ainsi, la semaine dernière J.P.Raffarin avait déjà annoncé que des moyens supplémentaires seraient alloués à l’Education, la Recherche et la Culture. Par ailleurs, les crédits à l’emploi pour financer de nouvelles initiatives en faveur des seniors et des jeunes devraient être préservés. En revanche, les ministères de l’Equipement, de l’Industrie, de l’Agriculture et des Finances verront leur enveloppe nettement diminuée puisque Bercy est toujours à la recherche d’économies pour le budget 2004.

 

Rigueur salariale

 

Le gouvernement a également prévu d’être moins strict sur la question de la baisse des effectifs. Initialement, sur les 60 000 départs programmés en 2004, seulement 1 fonctionnaire sur 2 devait être remplacé, permettant ainsi de supprimer 30 000 postes. Mais les contestations sur les retraites et les grèves des enseignants qui ont érodé le climat social depuis le printemps ont soufflé au 1er Ministre l’idée de revoir ses objectifs par crainte d’une reprise des mouvements à la rentrée. Ainsi, seulement 5000 postes de fonctionnaires seront supprimés en 2004.

Pour permettre le quasi-maintien des effectifs, il semble que le gouvernement ait choisi d’imposer une rigueur salariale en refusant de revaloriser les salaires. Il faut savoir qu’en 2002 les salaires des fonctionnaires ont représenté près de 65,2 milliards d’euros sur les 122 du budget de l’Etat. Pourtant il sera difficile de ne rien faire puisque les fonctionnaires n’ont connu aucune revalorisation en 2003. En effet, les dernières, qui avait été décidées par le gouvernement Jospin, date de décembre 2002.

 

Rassurer les enseignants

 

Pour désamorcer la grogne des enseignants et atténuer leurs inquiétudes à 5 semaines de la rentrée, un comité interministériel sur l’Education s’est tenu ce lundi 28 juillet à Matignon. A l’issue de ce dernier, il a été décidé que l’enveloppe du ministère de l’éducation sera majorée de 2 à 3% par rapport à 2003 et que par ailleurs aucun poste d’enseignant ne serait supprimé. Les 15000 postes supprimés dans le secondaire seront compensés par 15000 créations dans le primaire. D’autre part, au 16000 postes prévus dans le budget 2003, 4000 postes d’assistant d’éducation s’ajouteront en 2004.

Pour Gérard Aschieri, secrétaire général de la première fédération syndicale enseignante, la FSU, 'des gestes de nature à restaurer la confiance des enseignants' consisteraient dans des mesures permettant la possibilité de programmer les recrutements et un geste sur les retraites comme la facilitation du rachat des années d’études, dont le coût est très prohibitif.

 

Ces mesures semblent montrées  que le gouvernement a tiré les leçons des contestations et des grèves qui ont souvent paralysé le pays depuis le printemps. Il semble décidé à entamer la rentrée avec un climat social ensoleillé.

M. Raffarrin aura finalement appris  que c’est la rue, quant elle l’a décidée, qui gouverne.





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