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Sur le vif

Boubakeur insultant envers les Arabes et les musulmans ? Il dément

Rédigé par | Lundi 24 Octobre 2016



De g. à dr.: Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson et Dalil Boubakeur.
De g. à dr.: Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson et Dalil Boubakeur.
Patrick Buisson a décidé de régler ces comptes avec Nicolas Sarkozy. Celui qui fut le conseiller de l’ex-chef d’Etat a publié fin septembre « La cause du peuple » (Ed. Perrin) relatant « l’histoire interdite de la présidence Sarkozy » sur la base supposée d’enregistrements de conversations auxquelles Patrick Buisson a assisté.

Quel rapport avec la Grande Mosquée de Paris ? Un des passages du livre a directement visé Dalil Boubakeur qui a décidé, lundi 24 octobre, de démentir la teneur d’un échange qui aurait été tenu en octobre 2002 entre le recteur et Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, concernant la première présidence du Conseil français du culte musulman (CFCM) en 2003.

Lors d’un échange qui fut rapporté à Patrick Buisson en septembre 2010 « par Sarkozy lui-même », Dalil Boubakeur n’aurait initialement pas été très emballé à la proposition de Nicolas Sarkozy de présider l’instance, déclarant être « très malade » et « très fatigué ». Une fatigue qui ne serait pas que physique des mots de Patrick Buisson.

« Tu sais que je ne les supporte plus ces Arabes, que je les déteste. Je ne peux plus les voir en peinture », aurait-il déclaré devant un Sarkozy insistant prêt à lui offrir ce qu’il désirait (« Combien ? », répétait-il). « Avec les musulmans, c’est pire. Toutes leurs histoires me sortent par les yeux. Ça fait plus de 60 ans que je les subis. Il faut me comprendre : j’ai été élevé dans une mosquée. Je n’ai jamais pu en sortir », aurait-il ajouté.

Boubakeur insultant envers les Arabes et les musulmans ? Il dément

Des proférations d'insultes « inacceptables »

La Grande Mosquée de Paris a « formellement » démenti les allégations, indiquant que la décision de désigner Dalil Boubakeur à la tête du CFCM « a été prise en présence de l’ensemble des représentants des fédérations musulmanes et des grandes mosquées fondatrices du CFCM réunis par Nicolas Sarkozy, (…) qui a ensuite annoncé publiquement le choix unanime sur lequel se sont portés tous les représentants du culte musulman en France » après une réunion en décembre 2002 « en conclave au Château de Nainville-les-Roches, dans l’Essonne ».

« Et contrairement à ce qu’avancent les propos rapportés par Patrick Buisson, il n’y a eu aucune négociation personnelle et encore moins de proférations d’insultes intolérables et inacceptables », précise la fédération musulmane.

Jusqu'à ce démenti, ces allégations brutales auraient pu passer inaperçues du grand public. A la sortie du livre, cet échange n’a en effet pas été souligné par les journalistes au profit d’autres histoires et anecdotes graves, comme lors des émeutes qui se sont produites en marge de la mobilisation anti-CPE en 2006 et que Nicolas Sarkozy aurait volontairement laissé faire.

« Nous avions pris la décision de laisser les bandes de black et de beurs agresser les jeunes Blancs aux Invalides, tout en informant les photographes de Paris Match. L'émotion fut en effet à son comble, après la publication de photos dont l'opinion ne retiendrait qu'une chose: des hordes sauvages étaient entrées dans Paris », rapporte Patrick Buisson de la bouche de l’ancien ministre.

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Rédactrice en chef de Saphirnews En savoir plus sur cet auteur



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