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Blair contre Kelly

Rédigé par Bamba Amara | Lundi 11 Août 2003

Le Premier Ministre britannique, M. Tony Blair, affronte ce lundi l’une des épreuves les plus importantes de sa carrière politique avec l’ouverture d’une enquête judiciaire sur la mort de David Kelly. Kelly, expert en armement était au centre d’un scandale laissant entendre des accusations contre le gouvernement de M Blair qui aurait volontairement falsifié les données statistiques sur les armes de destruction massive dont l’Irak serait en possession. Il y a trois semaines, Kelly a été trouvé mort près de sa maison à Oxfordshire, dans le Sud de l’Angleterre.



Le Premier Ministre britannique, M. Tony Blair, affronte ce lundi l’une des épreuves les plus importantes de sa carrière politique avec l’ouverture d’une enquête judiciaire sur la mort de David Kelly. Kelly, expert en armement était au centre d’un scandale laissant entendre des accusations contre le gouvernement de M Blair qui aurait volontairement falsifié les données statistiques sur les armes de destruction massive dont l’Irak serait en possession. Il y a trois semaines, Kelly a été trouvé mort près de sa maison à Oxfordshire, dans le Sud de l’Angleterre.

 

L’homme par qui arrive le scandale

Au cours des deux mois à venir, d’illustres témoins se succéderont devant une chambre de la Cour Royale de Justice au centre de Londres sur convocation du Juge Brian Hutton en charge du dossier Kelly. Au nombre des personnalités pressenties à comparaître devant le juge Hutton, on compte de nombreuses personnalités gouvernementales, des ministres et très probablement M. Blair lui-même.

 

La mort de M. Kelly est intervenue au moment où il était au centre d’un scandale. Lors d’un entretien accordé à Adrew Gilligan reporter de la chaîne de radio BBC, M. Kelly avait, en tant que scientifique expert, laissé entendre que l’équipe de Tony Blair avait volontairement gonflé les données des services secrets sur les armes supposées de destruction massive en Irak, au mois de septembre. L’objet de cette falsification était de convaincre l’opinion publication du choix d’implication de l’Angleterre dans la guerre américaine à l’Irak. Contrairement à la France et à l’Allemagne, M. Blair s’était montré très proche des Etats Unis dans cette seconde guerre au régime de Saddam Hussein. La controverse soulevée par les avis de cet expert reconnu avait affecté l’image du gouvernement de M. Blair auprès de l’opinion nationale.

 

Depuis l’annonce de la mort de M Kelly il y a trois semaines, une trêve officieuse s’était installée dans l’arène politique britannique. Ce dimanche déjà, cette trêve semblait fortement menacée.

Un membre important du parti Conservateur, dans l’opposition a déclaré que le « suicide » de l’expert gouvernemental en armement met à jour la « culture de duplicité et de duperie » dans le gouvernement Blair.

 

La source du mal est au sommet de l’Etat

Il est clair que l’enquête de M. Hutton ne vise pas à faire la lumière sur l’armement  illégal supposé de Saddam Hussein mais sur les conditions du décès de M. Kelly. Cependant, l’on peut craindre que les ministres et autres personnalités politiques intervenant dans ce dossier n’essayent délibérément de détourner l’attention de la question falsification des rapports sur les armes pour orienter les débats vers une confrontation entre les politiques et les journalistes de la BBC. Le risque étant alors d’oublier le décès de M. Kelly. Ce qui serait fort regrettable.

 

M Blair qui est actuellement en vacances, n’est pas menacé dans son rôle de Premier Ministre. Il en va autrement de M. Geoff Hoon, son Secrétaire de la Défense. Selon le « Sunday Express », pour avoir « révélé » l’identité de M. Kelly comme la source d’information de la BBC, M Hoon est désormais dans le rôle du fusible à sacrifier pour protéger les autres membres du gouvernement Blair.

 

La semaine dernière, le porte-parole du gouvernement avait jeté un pavé dans la marre en comparant le scientifique défunt à un homme qui vivait dans ses idées, en dehors de la réalité. Commentant cette déclaration Iain Ducan Smith, leader du parti Conservateur avait dénoncé : « L’erreur prend sa source à partir du sommet. C’est, bien entendu, M. Blair qui doit présenter des excuses ». Ces excuses sont toujours attendues.





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