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Bienvenue en Palestine : des passagers interdits de vol, le racisme d’Israël en lumière

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Lundi 16 Avril 2012

La mission « Bienvenue en Palestine », organisée pour la troisième année consécutive dans l'objectif de dénoncer le contrôle des accès aux Territoires palestiniens occupés par Israël, fait à nouveau parler d'elle. Des centaines de participants à cette opération pacifique, mais également des voyageurs lambda, ont été empêchés d'embarquer en direction d'Israël, sur la base de l'apparence ou encore d'un questionnaire portant sur leur nationalité et leur religion. Près de 60 participants, qui ont réussi à passer à travers les mailles du filet, ont été arrêtés à leur sortie d'avion à Tel-Aviv et y sont détenus en vue d'une expulsion vers leurs pays d'origine. Pendant qu'Israël s'est félicité de son blocus, une nouvelle vidéo montrant un soldat frapper violemment un militant pacifiste en Cisjordanie accable à nouveau l'armée israélienne, régulièrement accusée d'abus à l'égard des Palestiniens.



Bienvenue en Palestine : des passagers interdits de vol, le racisme d’Israël en lumière
Vous êtes Israéliens ? Vous êtes juifs alors ? Des passagers d’Air France, qui avaient prévu de se rendre en Palestine et qui ont répondu négativement à ces questions, ont ainsi été interdits d’entrée sur le territoire israélien.

« Le racisme d’Israël et d’Air France a éclaté en pleine lumière, dimanche, dans le cadre des opérations conjointes des services secrets israéliens et de la compagnie aérienne pour empêcher des gens de se rendre en Palestine. Il a ainsi été prouvé qu’il fallait se déclarer Juif et/ou être porteur d’un passeport israélien pour avoir le droit de voyager ! Et une jeune passagère qui a répondu négativement à ces deux questions a ainsi été débarquée, alors qu’elle était déjà installée dans l’avion », ont affirmé les organisateurs de la mission « Bienvenue en Palestine ».

Procès-verbal délivré par Air France à Horia
Procès-verbal délivré par Air France à Horia

Les compagnies aériennes complices du régime d’Israël

Selon le procès-verbal signé d’une employée d’AirFrance et délivré à la passagère (à gauche), on y voit que celle-ci, prénommée Horia, a été soumise à un questionnaire « sur demande des autorités israéliennes » consistant à savoir si elle détient un passeport israélien et si elle est de confession juive. Ses réponses négatives l’ont amené à être débarquée à Nice.

« L'affaire, qui aura des suites judiciaires où Air France devra s'expliquer sur sa collusion avec le régime d'apartheid, a eu lieu à Nice, au départ du vol AirFrance AF 4384 à 14H45 à destination de Tel Aviv », ajoutent les organisateurs.

Comme Horia, des centaines de passagers, majoritairement européens et devant participer à la mission « Bienvenue en Palestine », ont été interdits de vol.

Pour la plupart d’entre les voyageurs en partance de Paris, ce sont les compagnies Air France, EasyJet, Jet2.com et Lufthansa qui avaient annulé leurs billets d’avion sur prétexte que leurs noms figuraient sur une liste de « personnes indésirables » communiquée par Israël. Cette scène s’est répétée en Belgique, en Suisse, en Italie ou encore en Autriche.


Des listes noires basées sur l’apparence

Parmi les personnes empêchées d’aller en Israël, figurent également des voyageurs lambda, sans aucun doute consternés par la décision arbitraire qui a été prise à leur égard, souvent sur la base de leur patronyme ou de leur apparence physique. « On le doit notamment à l’excès de zèle des services secrets qui, incapables de déterminer avec un minimum de crédibilité en quoi les volontaires auraient été de "dangereux extrémistes posant un problème existentiel à Israël", ont ratissé large, très large, dans la composition de leurs listes noires », ont expliqué les organisateurs.

« Le Haaretz (un quotidien israélien, ndlr) révèle ainsi que pour des centaines de passagers dont les identités ont été traquées pendant des semaines, le Shin Bet (les services secrets, ndlr) n’a pas été incapable, non seulement d’établir qu’ils représentaient un quelconque "danger" pour Israël, mais même dans certains cas une quelconque activité de militantisme au service de la cause palestinienne ! », ajoutent-ils.

Une grève de la faim lancée

Sur les 1 500 participants internationaux à la mission, seuls quelques dizaines sont parvenues jusqu'à l'aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv mais certains ont été interpellés à leur sortie d’avion par les autorités israéliennes puis placés en détention en vue d’être expulsés. 58 personnes, dont 43 Français, tous détenus près de Tel-Aviv ont annoncé, lundi 16 avril, qu’ils entamaient une grève de la faim « en solidarité avec la journée des prisonniers palestiniens du mardi 17 avril d’une part, et pour exiger à nouveau leur droit élémentaire à circuler librement vers la Cisjordanie occupée, notamment vers Bethléem » où devait être inaugurée une école internationale.

Une cinquantaine d'autres participants, qui avaient décidé de partir bien avant le week-end du 14 et du 15 avril par mesure de précaution, ont quant à eux réussi à rejoindre Bethléem. Pour Hanane Achraoui, une haute membre de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), « de telles actions de résistance populaire et non violente dévoilent les pratiques coloniales et oppressives du gouvernement israélien ».

Un pro-palestinien frappé par un soldat de l'occupation

Le Premier ministre Netanyahu s’est félicité de l’efficacité des services de sécurité contre l’opération qui menaçait, selon lui, la sécurité de l’aéroport Ben Gourion. Mais quelques heures après son auto-congratulation, des images montrant un haut gradé israélien frappant violemment au visage avec son fusil-mitrailleur un militant pro-palestinien en Cisjordanie âgé de 20 ans et originaire du Danemark, ont fait scandale ce week-end. Celui-ci participait à une randonnée à vélo avec des Palestiniens en Cisjordanie occupée.


Le lieutenant-colonel qui a frappé le jeune Danois a été suspendu et son geste a été rapidement condamné par Benyamin Netanyahou, précisant qu'elle « n'est pas habituelle parmi les soldats et les commandants de Tsahal et n'a pas sa place dans l'armée israélienne et dans l'État d'Israël ». Ces images, qui ont fait le tour du web et qui ont quelque peu embarrassé les autorités, ne sont toutefois que l'infime reflet des abus et des violences de l'armée israélienne à l'égard des Palestiniens.

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Hanan Ben Rhouma


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