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Société

Argenteuil : quand une mosquée sert à un dangereux buzz médiatique

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Vendredi 22 Juillet 2016



Argenteuil : quand une mosquée sert à un dangereux buzz médiatique
Le Centre socioculturel Assalam d’Argenteuil (la mosquée dite Dassault) ne décolère pas. Alors qu’une « opération antiterroriste » a été menée dans cette commune du Val d’Oise sans lien avec le lieu de culte, de nombreux médias français ont décidé de faire part au grand public que les perquisitions ont eu lieu « à proximité de » la mosquée.

BFM TV ira jusqu’à préciser qu’elles ont eu lieu « près d’une mosquée et d’une librairie islamique ». Une information qui n'a aucune utilité - si ce n'est d'attirer le clic des internautes - mais qui alimente insidieusement des amalgames entre islam et terrorisme. Du pain-bénit pour les réseaux d'extrême droite puisque ladite information ont rapidement fait naître une confusion quant à l'implication des deux lieux d'intérêt pour les musulmans dans cette opération, qui visait à vérifier « un renseignement anonyme » faisant état d'un « projet d'action violente ».

Une dangereuse course au clic

Au bout du compte, les autorités n’ont retrouvé sur place aucune arme ou explosif. Quel que soit le résultat des opérations (sans lien avec l’attentat de Nice, une faute majeure a été faite à l'encontre de la mosquée comme de la librairie - que nous ne citerons pas - sur qui la suspicion a été jetée.

Dans un communiqué daté du jeudi 21 juillet au soir, la mosquée Assalam, acculée à devoir se défendre, a tenu à « rassurer tous ses fidèles ainsi que l’ensemble des argenteuillais que notre association n'est en rien concernée par ces investigations » menée par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

« Les Argenteuillais qui fréquentent notre lieu de culte s'inscrivent pleinement dans l'élan de solidarité nationale. Notre association continuera de s'inscrire, comme elle l'a toujours fait, dans les lois de la République et dans la vie locale argenteuillaise », conclut-elle. La librairie s'est simplement fendu d'un tweet pour démentir toute perquisition dans ses locaux dans l'après-midi de jeudi.

La course au clic à tout prix ? La responsabilité des médias est bel et bien engagée dans tout (mauvais) traitement d'une information sur des sujets sensibles comme le terrorisme. Cette « énième bavure médiatique (qui) nous rappelle à quel point la précipitation est non seulement mortifère pour l’information mais aussi responsable de la perpétuation, voire de l’amplification, de dangereux amalgames », rappelle le site Acrimed.

Celle-ci vient après l'affaire de l'agression « islamiste » d'une famille dans les Hautes-Alpes. Les autorités ont confirmé qu'il n'y avait « pas de motivation religieuse ou idéologique ».

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