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Culture & Médias

Algérie : courir pour se souvenir… et réussir

Rédigé par Abdelghani Mohamed | Vendredi 31 Décembre 2010

En commémoration des manifestations pacifiques du 11 décembre 1960 appelant à l’indépendance de l’Algérie 400 coureurs participaient à une course pédestre internationale de 14 km, à Zéralda. Parmi ces sportifs, des Marseillais ont participé à l’événement.



Algérie : courir pour se souvenir… et réussir
Le 11 décembre 1960, des centaines de milliers d’Algériens descendirent dans la rue pour faire valoir leurs droits à posséder un drapeau, un hymne, un pays. Ces événements pacifiques aboutirent quatre jours plus tard au vote de la résolution 1514 aux Nations unies, qui reconnaît à chaque peuple son droit à l’autodétermination. La suite, on l’a connaît, l’Algérie vivra...

Le 11 décembre 2010, cinquante ans plus tard, en commémoration de ces événements, s’est déroulée la première course pédestre internationale de Zéralda, une station balnéaire de la banlieue d’Alger. Grâce aux bonnes volontés au sein de la mairie de Zéralda, du ministère de la Jeunesse et des Sports, de la Fédération algérienne d’athlétisme, de Mme Belaid, de Hadj Tahar, le terme international a pris tout son sens dans l’invitation de l’association Marseille Sports et Culture, forte de neufs participants français d’origine espagnole et italienne, de Français d’origine algérienne, de binationaux, tous coureurs du dimanche, jeunes et moins jeunes.

Au départ, le pari semblait un peu ambitieux, tant pour les autorités algériennes que pour les responsables de l’association marseillaise. Mais la volonté et l’abnégation ont eu raison des difficultés administratives et consulaires.

Le but de cet échange était non pas de créer un énième pont fragile entre les deux rives de la Méditerranée, mais de donner à des amoureux du sport le pouvoir de faire une action à dimension sportive, historique et culturelle.

Mahfoud, Pascal, Kader, Mohamed D., Stéphane, Farid, Omar, Mohamed A. et Majid ont quitté le froid marseillais pour la douceur d’Alger, du 9 au 13 décembre. Au programme, visites d’Alger et de ses environs, balades et, bien sûr, la course du 11 décembre.

Certains coureurs se rendent en Algérie dans leurs familles, chaque été ; d’autres ne s’y sont pas rendus depuis très longtemps ; et certains n’y sont jamais allés, comme Omar le Kabyle. Mais l’accueil local chaleureux et l’entière prise en charge de leurs hôtes par les Algériens ont marqué tous les esprits: accueil à l’aéroport d’Alger par des hôtesses de la société Redbull, bouquets de fleurs, mise à dispositions d’un bus avec chauffeur par la mairie de Zéralda, excursions planifiées, soirées au restaurant, hébergement dans un centre pour sportif, etc., et quand on les remercie pour tout cela, ils répondent : « C’est le bled, mon pote ! ». L’hospitalité est vraiment

Une compétition sportive, telle une leçon d’histoire, une leçon de vie

La course est un parcours de 14 km sur les hauteurs de Zéralda, au profil très difficile, la faute à une côte de 5 km au départ. Face au plaisir et à la fierté de courir « au bled », ajouté à l’enthousiasme, à l’engouement des organisateurs et de la population, la fatigue et la difficulté n’ont pas eu lieu d’exister. Avec leur niveau « loisir », les Marseillais finiront dans le peloton, loin des meilleurs mais heureux d’être là.

L’événement, réunissant environ 400 participants, avec la victoire du vice-champion olympique algérien à Sydney en 2000, mais aussi avec la population de Zéralda, qui a répondu présente sur le parcours, est une totale réussite sur le plan sportif. À voir la joie qui se lisait sur le visage des coureurs marseillais et la symbolique présence de coureurs français pour une course commémorant les événements du 11 décembre 1960, la réussite a pris une dimension culturelle et émotive.

Le lendemain, les hôtes ont été reçus dans la salle du conseil de la mairie de Zéralda, en présence du maire, de la Fédération d’athlétisme et de nombreux invités. De nombreux cadeaux et souvenirs furent distribués aux coureurs.

Habitués des courses du dimanche en France, les invités marseillais ont pris conscience des modestes moyens dont disposent les fédérations sportives algériennes, mais surtout que la motivation et la passion pour le sport peuvent donner naissance à des événements qui marquent les esprits. C’est une leçon de vie.

L’organisation de courses pédestres est rare en Algérie. Quand on sait que le premier Marseille-Cassis comptait une trentaine de participants, on espère que l’organisation de cette course n’est que la première page d’un long livre qui s’est écrite. En espérant même que ce genre d’initiative puisse se multiplier dans d’autres disciplines sportives, car de tels échanges font grandir les participants des deux bords de la Méditerranée.






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