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Al Manar sur la sellette

Rédigé par Rakho Mom Assmaâ | Mercredi 1 Décembre 2004

La chaîne de télévision satellitaire libanaise Al Manar est de nouveau dans la ligne de mire du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel, après la diffusion de propos jugés racistes, xénophobes et antisémites. Le Conseil d'Etat devrait se prononcer sur son interdiction, demandée par le CSA, mais cela ne signifierait pour autant pas sa radiation définitive du paysage audiovisuel français et européen.



Conventionnée depuis seulement une semaine par le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA), la chaîne de télévision libanaise proche du Hezbollah, Al Manar, est de nouveau sanctionnée par le même CSA. Al Manar n'aurait pas respecté les engagements qu'elle aurait pris lors de la convention signée avec le CSA le 19 novembre dernier, notamment 'l'exigence d'honnêteté de l'information' ainsi que celle de 'pondération et [de] rigueur.' Pour sa part, Al Manar exprime sa 'surprise' concernant cette décision, et appelle le CSA 'à respecter l'accord signé et à ne pas se soumettre à la pression politique qui est exercée sur lui.'

 

Taxée de racisme, d'antisémitisme, et d'encourager le terrorisme, la chaîne libanaise proche du Hezbollah Al Manar est à nouveau sanctionnée par le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA), qui a saisi, pour la seconde fois, en référé le Conseil d'Etat. La première tentative d'interdiction de la chaîne avait eu lieu en août 2004, et s'était soldée par une décision du Conseil d'Etat intimant l'ordre à celle-ci de déposer un dossier de conventionnement auprès du CSA avant le mois d'octobre. Ce qui fut fait. Et ce qui a donné lieu à une convention signée entre les deux parties : CSA et Al Manar, en date du 19 novembre dernier.

Interdiction en trompe-l'oeil

Cependant, le CSA accuse la chaîne d'avoir manqué à ses engagements, et affirme avoir 'identifié plusieurs émissions susceptibles de constituer des manquements graves aux engagements conventionnels auxquels la chaîne Al Manar est soumise.' Le CSA aurait ainsi repéré un 'reportage qui reprend la glorification des martyrs, et des atteintes à l'honnêteté de l'information', et demande donc au Conseil d'Etat d'interdire à Eutelsat de diffuser la chaîne.

Pourtant, l'interdiction faite à Eutelsat de diffuser la chaîne, si elle avait lieu, n'empêcherait pas Al Manar d'être captée sur le continent européen. En effet, la chaîne libanaise est diffusée par trois satellites, dont Eutelsat et Arabsat. Or, aucune instance juridique nationale ou européenne ne peut ordonner à Arabsat d'interrompre la diffusion d'Al Manar, étant donné que le satellite n'est pas régi par le droit européen. Et donc, les européens susceptibles de vouloir continuer à suivre les émissions de la chaîne pourrait le faire sans problème via Arabsat.

D'autre part, si le Conseil d'Etat abondait dans le sens du CSA, Eutelsat ne pourrait stopper la diffusion d'Al Manar sans qu'il en soit de même pour dix autres chaînes arabes, en l'occurence marocaine, algérienne, tunisienne, ainsi qu'Al Jazeera et Al Arabiya, qui se trouvent en effet sur le même bouquet satellitaire. Cependant, au Liban, les diplomates restent confiants et soulignent que 'l'affaire est dans le camp de la justice, aucune négociation n'a de chance d'aboutir', préférant 'attendre le verdict du Conseil d'Etat, une institution fort respectable.'

Polémique

L'affaire a soulevé la polémique, mardi, à l'Assemblée Nationale. Accusé de laxisme par l'opposition, Renaud Donnedieu de Vabres, le ministre de la culture, a lancé : ' des propos racistes, xénophobes et antisémites n'ont pas de droit de cité dans notre pays', dénonçant par la même les propos diffusés sur la chaîne le 23 novembre et qui parlaient de 'tentatives sionistes pour transmettre des maladies dangereuses à travers les exportations aux pays arabes comme le SIDA.' Le ministre de la culture a précisé que Jean Pierre Raffarin avait, 'aujoud'hui même',demandé le renforcement de l'arsenal législatif dans le but de simplifier l'interdiction de diffusion des chaînes propageant selon lui le racisme et l'antisémitisme. Certains députés UMP, et en particulier le député de Paris Claude Lellouche, ont annoncé le dépôt prochain d'une proposition de loi pour le renforcement de la juridiction sur ce point, répondant ainsi à l'opposition socialiste qui criaient 'agissez !' au ministre de la culture.

 

 






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