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Points de vue

Aimer pour les autres ce que l’on aime pour soi

Rédigé par Elsa Cénier | Mercredi 13 Septembre 2017



Aimer pour les autres ce que l’on aime pour soi
Nous ne sommes pas seuls au monde. Dieu nous a créé par peuples et ethnies afin que l’on fasse connaissance. Ce travail d’ouverture à l’autre implique pour l’être humain et le croyant en particulier de développer de l’empathie et de l’altruisme. L’empathie se définit comme une attitude de compréhension des sentiments d’autrui, d’ouverture à sa vision du monde. L’altruisme dans la continuité est caractérisé par des actions au bénéfice d’autres que nous-mêmes d’une manière désintéressée.

Cette attitude d’empathie et d’altruisme est d’autant plus valorisée lorsqu’elle s’adresse aux personnes dans le besoin ou dans la difficulté. Selon Abu Hourayra, le Prophète Muhammad a dit : « Celui qui s’empresse de pourvoir aux besoins de la veuve et de l’indigent est semblable à celui qui combat au service de Dieu. » Abu Hurayra ajoute : « Il me semble qu’il ait dit également : "Et à celui qui passe ses nuits à prier inlassablement et à celui qui jeûne de manière permanente." »

La pratique cultuelle, aussi abondante et sincère soit-elle, ne remplace pas et même n’égale pas le service dans le sentier de Dieu et en cela le service à ses frères et sœurs en foi ou en humanité.

A l’époque du Prophète, les Alliés (Ansars) faisaient honneur à ces vertus lorsqu’ils ont accueilli les Emigrants (Mouhajirouns), sans domicile, sans emploi, sans ressource, arrivés fraîchement de La Mecque où ils étaient persécutés ; c’est ce que l’on appellerai aujourd’hui des réfugiés politiques.

Dit ainsi, cela interpelle, n’est-ce pas ? Des réfugiés politiques, ceux-là même qui, aujourd’hui ou demain, partiront de leurs foyers à la recherche de sécurité ; ceux-là même qui périssent en mer, qui traversent des pays entiers tentant d’assurer leur survie. Et à leur arrivée dans nos pays d’abondance et de « modernité », que faisons-nous ? Les accueillons-nous à bras ouverts comme les Ansars l’ont fait ? Partageons-nous avec eux notre domicile, nos nourritures et vêtements ? Bien sûr, la situation est complexe, mais à notre mesure, nous pouvons souvent faire plus que ce que nous faisons déjà ; et si nous ne pouvons pas faire plus, nous pouvons inciter d’autres personnes à donner, à partager.

S'élever au-delà de notre ego limité

Durant le mois de Ramadan, notre sens de l’altruisme s’éveille ou se réveille mais combien de temps cela durera-t-il ? Pourquoi retournons-nous à notre insouciance dès ce mois fini ? Vais-je faire un effort sur moi pour multiplier les occasions d’aider, de soutenir, de donner, de partager ?

Parfois, il suffit de tendre l’oreille et d’écouter une personne qui a besoin de parler, c’est aussi un précieux soulagement. Chaque petit geste contribuera à créer une société plus fraternelle à l’image de notre idéal. Et afin de ne pas oublier, rien de mieux qu’une bonne organisation et se fixer un objectif de visites, dons pendant le ramadan et aussi surtout toute l’année !

C’est par le biais de ces actions que nous nous élèverons au-delà de notre ego limité pour ouvrir notre cœur en grand ! Dieu dit : « Vous n’atteindrez la vraie piété qu’en faisant aumône d’une part des biens que vous aimez. Et quelque aumône que vous fassiez ; Dieu en est parfaitement informé. » (Sourate La famille d’Imran, verset 92)

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Elsa Cénier est psychologue. Première parution de l’article sur le site de Participation et spiritualité musulmanes.




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