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Religions

Aïd el fitr: « la décision du CFCM ne doit pas être tributaire d’autres pays », Mohammed Moussaoui

Rédigé par Rachida Douadi | Mardi 30 Septembre 2008

La communauté musulmane de France va célébrer l'Aïd el fitr, marquant la fin du mois de Ramadan, ce mercredi 1er octobre. Une décision prise, lundi 29 septembre, par le Conseil français du culte musulman réuni, lundi 29 septembre à la Grande mosquée de Paris. De son coté, l'Arabie Saoudite observait, hier son dernier jour de jeûne. Le CFCM a préféré se fier aux données astronomiques selon lesquelles la lune ne pouvait être visible en cette Nuit du doute.



Aïd el fitr: « la décision du CFCM ne doit pas être tributaire d’autres pays », Mohammed Moussaoui
Trois quarts d’heure de délibération et une décision commune. A 18h45, Mohamed Moussaoui, président du CFCM, et Dalil Boubakeur, recteur de la mosquée de Paris, quittent ensemble la salle de réunion et prennent place devant la longue table dressée pour l’iftar, en cette Nuit du doute, dans la salle habituellement réservée à la prière des femmes le vendredi. Mohammed Moussaoui, debout, le visage éclairé par les lumières des caméras de la presse, annonce officiellement la fin du Ramadan : « Après discussions et après prise de connaissance des éléments astronomiques et des annonces faites par d’autres pays musulmans, le CFCM a décidé à l’unanimité que mercredi 1er octobre est le jour de l’Aïd el fitr. De ce fait, les musulmans de France feront 30 jours de Ramadan. A cette occasion heureuse, le CFCM présente ses meilleurs vœux, ses vœux très chaleureux à l’ensemble de la communauté musulmane de France. » Près de lui, Dalil Boubakeur, assis, « confirme » l’annonce : « Je m’associe pleinement à la décision qui vient d’être prise » dit-il avant de renouveler, de son coté, ses vœux « à toute la communauté musulmane dans son entier et à toute la nation française ».

Un peu avant 18h déjà, une dizaine de dignitaires religieux de la mosquée de Paris s’étaient réunis dans le bureau du recteur pour une première consultation. Non loin de là, dans la grande salle de réunion, les membres du Conseil représentatif de l’islam de France délibéraient de leur coté. Mais à 17h55, l’information tombe en provenance d’Arabie Saoudite : l’Aïd el Fitr est fixé au mardi 30 septembre. C'est officiel. Une donnée que les instances vont devoir prendre en compte, puisque l’avis du royaume saoudien reste une référence pour beaucoup de pays musulmans. 18h, ouverture des discussions finales. Mohammed Moussaoui sort du cabinet du recteur qu’il tient respectueusement par le bras. Tous deux fendent la foule, suivis d’une délégation de six personnalités religieuses vêtues de longs burnous blancs. A la table des discussions, Mohammed Moussaoui s'installe à la tête de l’assemblée, Dalil Boubakeur prend place à sa droite. Parmi les cadres présents du CFCM : Fouad Alaoui, affilié UOIF et vice-président chargé de la Réforme , Kamel Kabtane, trésorier adjoint du Conseil et recteur de la mosquée de Lyon, Haydar Demiryurek, responsable du Comité de coordination des musulmans turcs de France et vice-président chargé des régions au CFCM. Le débat se tient, finalement, à huis clos.

Un islam inscrit en France

A coté, dans la salle de réception, une dizaine de personnes attendent. Certains ont pris place aux extrémités de la table dressée pour une quarantaine de convives. D’autres, en conciliabules, commentent la réunion. « On sait exactement à quelle heure nous allons rompre le jeûne ce soir et on ne peut pas savoir à l’avance le jour de l’Aïd ! » relève Mohamed, responsable d’une association culturelle à Paris. « Scientifiquement, ils peuvent prévoir sur cent ans le jour de l’Aïd. Mais bon, là ils font de la rhétorique » remarque Djelloul Beghoura, producteur de l’émission Vivre l’islam sur France 2. Selon lui, aujourd’hui, il faut inscrire l’islam dans son environnement. C’est l’une des tâches du CFCM qui doit « affirmer un islam qui n’est pas contre les pays d’origine ni contre l’Arabie Saoudite, mais qui a son identité propre, sa spécificité et qui s’inscrit aussi dans un environnement, celui de la France. » ajoute-t-il.

« Nous ne faisons pas le ramadan avec l’Arabie Saoudite, avec l’Algérie ou le Maroc, nous faisons le ramadan ensemble ici en France » martèle Fouad Alaoui lors du débat. Des propos relevés le temps d’une brève incursion de la presse dans la salle de réunion. Le vice-président de l’UOIF interpelle solennellement Dalil Boubakeur en tant qu'« ancien président du CFCM » et « haute personnalité de l’Islam de France », rappelle-t-il. i[«Quand nous allons nous adresser à l’ensemble des musulmans de France et qu’ils vont nous demander si on l’a vue [la nouvelle lune] on va dire "on a suivis tel ou tel pays". Non ! Il faut avoir un discours responsable vis-à-vis de l’ensemble des musulmans de France. Nous considérons que la visibilité n’est pas possible »]i insiste Fouad Alaoui. En face, le recteur de la mosquée acquiesce d’un mouvement de tête. Après l’annonce, Mohammed Moussaoui précise à Saphirnews que le CFCM « doit prendre son autonomie, et sa décision ne doit pas être tributaire d’un autre pays, y compris l’Arabie Saoudite », cette observation « engage ceux qui vivent là bas. Mais pour les musulmans français, ils doivent prendre en compte la décision du Conseil français du culte musulman », précise-t-il. A l’avenir, le CFCM entend organiser ses prises de décisions en établissant « à l'avance, bien à l’avance un calendrier musulman », ce qui pourrait permettre « d’éviter toutes ces discussions », indique Mohammed Moussaoui.





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