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Economie

Aïd el Kebir : les solutions temporaires pour l'abattage se généralisent

| Jeudi 20 Novembre 2008

Dans le sud de la France, les autorités locales et les associations musulmanes préparent la hausse d'activités des abattoirs pour l'Aïd el Kebir, non sans difficultés. A Marseille, les abattoirs Saint-Louis, utilisés depuis 20 ans, seront fermés pour raisons sanitaires. Des installations provisoires y sont donc envisagées comme dans le département de l'Aude.



Aïd el Kebir : les solutions temporaires pour l'abattage se généralisent
A moins de trois semaines de l’Aïd el Kebir et après le Nord et les Alpes-Maritimes, les difficultés s'amoncellent pour les musulmans, cette fois, dans le sud de la France.

A Marseille, une commission de sécurité, passée à la fin de l’été, a déclaré insalubres les abattoirs Saint-Louis, utilisés depuis plus de 20 ans d’où la décision de la mairie de ne plus mettre à disposition ces lieux.
" Nous sommes à moins de trois semaines du sacrifice et certaines familles ne savent pas où aller. C’est bien dommage. On avait commencé à progresser, les consommateurs à identifier un lieu où se rendre, on va revenir au mouton dans la baignoire ", déplore Nassera Benmarnia, la directrice de l’Union des familles musulmanes. Elle réclame une solution durable, dans Marseille, pour les 250.000 musulmans de cette ville, soit le quart de sa population. Elle a déploré " la décision prise par la mairie sans annoncer de solution de remplacement", estimant que "le citoyen et consommateur musulman est pris en otage”. " Nous avons la volonté, comme les autres villes, de donner aux musulmans la possibilité de faire l’abattage dans les normes européennes ", a estimé l’adjointe au maire de Marseille, Martine Vassal, chargée de la qualité de la ville.

Mais le 19 novembre, plusieurs réunions en préfecture ont eu lieu, rassemblant les services sanitaires, la mairie, le Comité des chevillards marseillais (CCM) et le Conseil régional du culte musulman. Un accord a été arrêté pour une solution provisoire cette année. La solution consisterait à installer une tente sur un terrain jouxtant les abattoirs Saint-Louis, où les chevillards déplaceraient la chaîne d’abattage. La mairie s’est engagée à aplanir le terrain et à s’occuper de la logistique et du nettoyage des lieux. Mais selon la préfecture, les services vétérinaires n’ont pas encore donné leur autorisation.

Les abattoirs Saint-Louis sont importants puisqu’en 2007, plus de 20.000 personnes ont fréquenté ce lieu et 5.000 bêtes y ont transité, selon le Comité des chevillards marseillais (CCM).

Dans l’Aude, la préparation de l’abattage rituel est lui aussi compliqué malgré les ouvertures prévues des abattoirs de Quillan, Castelnaudary et de Narbonne. En effet, selon le quotidien régional L’Indépendant, environ de 5000 moutons sont abattues le jour de l’Aïd dans l’Aude.

En collaboration avec les pouvoirs publics et les autorités sanitaires, les responsables d’abattoirs et les associations musulmanes du département vont mettre en place des solutions temporaires. Pour faire à la hausse d’activités des abattoirs, la préfecture a déjà demandé aux “ responsables des associations religieuses du département d’inciter les fidèles à étaler les abattages ” dans le cas où l’Aïd tomberait le lundi 8 décembre, jour de la semaine où l’activité des abattoirs est à son maximum.

La préfecture et les autorités sanitaires ont également soutenu le projet d’abattoir “ temporaire ” d’un éleveur d’Ouveillan, qui propose le financement d’un site de 400m2 en prenant en compte la protection de la santé publique, la protection animale et le respect de la bientraitance des animaux, la gestion de l’environnement, la sécurité du site et l’organisation. 



Chevillard : boucher en gros.



Voir aussi : Abattoirs fermés à l'approche de l'Aïd-el-Kébir




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