Selon les propos des victimes, un nombre important de tracts étaient déjà sur le sol lorsqu’ils ont été attaqués. Les dommages corporels font état, pour le moment, de l’ouverture de l'arcade sourcilière et d’hématome de la cloison nasale avec présomption de fracture légère chez les deux victimes, désormais chez eux. Un ami, venu en aide aux deux agressés a lui aussi reçu un coup de poing. Une plainte a d’ores et déjà été déposée par chacune des victimes.
La LDJ en France, qui se présente comme un « mouvement activiste sioniste d'autodéfense », est issue de la Jewish Defense League (JDL), constituée aux Etats-Unis. Celle-ci responsable de plusieurs tentatives -réussies ou non-d’attentats à la bombe, a été classée comme organisation terroriste par le FBI en 2001. Alors que le mouvement est interdit aux Etats-Unis et même en Israël, de nombreuses associations dont le Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié des Peuples (MRAP) et la Ligue des Droits de l’Homme (LIDH), dénoncent la branche française et s’étonnent qu'elle continue toujours d’exister.
La LDJ, étant auteur de plusieurs agressions notoires en France contre des maghrébins et des personnes soutenant la cause palestinienne ces dernières années, nombreux sont ceux qui réclament la dissolution du mouvement. Connue pour ses positions virulentes sur le conflit israélo-palestinien, la LDJ prône par ailleurs l'expulsion, qu'elle nomme « transfert », de l'intégralité de la population arabe du «Grand Israël», revendiquant l'annexion de la Jordanie, du Liban, de la Syrie et du Sinaï (en Egypte). La déportation des populations de ces pays à l'extérieur des frontières de ce « Grand Israël » en serait la logique conséquence. Estimant que le peuple juif doit préserver son identité, la LDJ est opposée à toute mixité ethnique et refuse catégoriquement l'union de juifs avec des non-juifs.
Alors cette agression est-elle une "ratonnade" de plus de la part de membres de la LDJ ? Alors que les médias surmédiatisent les actes antisémites, qui restent malgré tout condamnables, le silence est fait autour de cette affaire. «L’enquête policière suit son cours mais les abords de l’établissement sont protégés », affirme l’assistante de la proviseure du lycée parisien, sans pouvoir en dire davantage à ce sujet.