Lorsque le Prophète dû fuir l'adversité des Arabes de la Mecque pour se réfugier à Médine, il y trouva une communauté juive qui observait un jour de jeûne. Curieux de la pratique des autres croyants, le Prophète interrogea les Juifs. Ils lui expliquèrent que Dieu a inscrit un jour de jeûne à Moïse pour célébrer la libération de leur ennemie (Pharaon d'Egypte). Selon la tradition musulmane, la réponse du Prophète fut « nous avons plus le droit et nous sommes plus proches de Moïse que vous ». A compter de ce jour-là, le Prophète observa ce jeûne prescrit aux Juifs. Sous le Calife Oumar, lorsque le calendrier musulman fut instauré, ce jour de jeûne coïncida avec le dixième jour (Achoura) du mois du premier mois (Mouharam).
Dans son recueil de hadiths, le célèbre Muslim mentionne une déclaration d'intention du Prophète à propos du mois de Mouharam: « si je vis jusqu'à l'année prochaine, j'observerai aussi un jeûne le neuvième jour ». Le Prophète n'aura pas l'occasion de traduire son intention en pratique. Mais sa déclaration fait du neuvième jour de Mouharam un jour de jeûne pour les musulmans. Certains commentateurs interprètent la décision du Prophète comme une volonté de laisser un culte pur et authentique. En effet, les débuts du jeûne de Achoura comportaient des risques de confusion entre la pratique musulmane et la pratique juive dans la mesure où toutes les deux se réfèrent à un même évènement.
Sur un plan plus global, la tradition musulmane cite les prophètes Noé, Abraham, Moïse et Jésus parmi les Envoyés de Dieu les plus grands, en plus du Prophète de l'islam. Leurs exemples sont appréciés avec le plus grand des respects. Un cas populaire est le sacrifice d'Abraham dont Dieu avait mis la foi à l'épreuve en lui demandant de sacrifier son fils unique. Finalement Dieu fera remplacer le fils par un bélier. Pour les musulmans, c'est ce geste d'Abraham qui est commémoré à l'occasion de la Grande-fête, l'Aïd al-Adha, abusivement appelée « fête du mouton ».