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Abidjan dans la tourmente

| Mercredi 18 Janvier 2006

La tâche du premier ministre ivoirien fraîchement débarqué Charles Konan Banny s’annonçait difficile. Elle s’avère inextricable. Après la proposition du Groupe de travail international (GTI) préconisant la dissolution du parlement en raison de son arrivée à échéance fin décembre, le FPI (Front Populaire Ivoirien) du président Laurent Gbagbo s’est retiré du gouvernement, et par la même du processus de paix. Dans le même temps, les Jeunes Patriotes menés par Charles Blé Goudé, mouvement proche du président Gbagbo, se sont emparés de la rue.



C’est dans un communiqué publié mardi soir 17 janvier que Pascal Affi N’Guessan, le président du FPI, a annoncé que le parti du président Gbagbo quittait le processus de paix et le gouvernement d’union national mené par le premier ministre Charles Konan Banny. Par la même, le FPI a déclaré ne plus vouloir travailler avec le GTI (Groupe de travail international) et a demandé le départ des troupes de l’ONU de Côte-d’Ivoire.

Dans le même temps, ces mêmes soldats de l’ONU étaient pris à parti par environ 2000 manifestants issus des rangs des Jeunes Patriotes, mouvement proche de Laurent Gbagbo. Des tirs de gaz lacrymogènes contre la foule ont alors permis de l’éloigner du siège de l’ONU à Abidjan, qu’elle souhaitait envahir.

Ce mercredi, la jeunesse proche du président Gbagbo a dressé plusieurs barrages paralysant la ville d’Abidjan. Dans presque tous les quartiers de la ville, la circulation est très difficile, voire impossible.

« Le secrétaire général exige la fin immédiate de ces attaques contraires à la loi ivoirienne et qui met sérieusement en danger le processus de paix impulsé par l'Union africaine et le Conseil de sécurité » a déclaré le porte-parole du secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, condamnant par la même « la violence orchestrée dirigée contre les Nations unies, la population, ainsi que l'inaction d'une partie des autorités nationales en réponse à la situation ».

Sollicité par la radio RTL et interviewé par téléphone, l’ambassadeur de France en Côte-d’Ivoire, André Janier a déclaré que « l'entrée de la résidence est bloquée par plusieurs dizaines de manifestants, mais nous sommes au travail à l'intérieur. On les voit et on les entend surtout parce qu'ils ont installé tout un système de sonorisation. Ils disent des choses pas toujours gentilles vis-à-vis du rôle de la France. Ils reprochent à la communauté internationale de s'impliquer dans des affaires intérieures ivoiriennes et à la France d'être très présente dans cette implication ». Dans ce contexte, le chef d’état-major des forces armées françaises, le général Henri Bentegeat a déclaré, concernant une éventuelle intervention des forces françaises : « On ne peut pas l'exclure mais cela n'interviendrait que si la vie de personnes était en danger ».




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