« La politique, pour moi, c'était du blabla. » À 29 ans, il n'avait toujours pas sa carte d'électeur. Dix ans plus tard, deux mandats plus loin et une campagne régionale en cours, il se décrit toujours comme « un homme de terrain ».
Abdelali Meziane a toujours cru que les écolos étaient des gens rigolos, un peu rêveurs qui aimaient faire du vélo. « J’ai compris que l’écologie, ce n’est pas seulement l’environnement, c’est aussi le social », explique-t-il. Au mois de juin 2009, il quitte donc le Parti radical de gauche pour Europe Écologie, prenant la 5e place sur la liste des régionales en Seine-Saint-Denis.
À 39 ans, Ali Meziane en est à son deuxième mandat à la mairie de Clichy-sous-Bois comme 3e adjoint au maire à la jeunesse et au sport. Il se définit toujours comme « un militant ». En 2005, après les émeutes qui avaient débuté à Clichy-sous-Bois, il crée avec d’autres le collectif AC le Feu. Il raconte : « C'était spontané, après la mort des deux gamins, les révoltes et Nicolas Sarkozy qui utilise le mot délinquant à tout-va, il y avait vraiment un sentiment d'injustice. »
Récemment encore, le débat sur l’identité nationale énerve Abdelali Meziane. D’origine marocaine, naturalisé à 21 ans, il ne se sent pas moins Français que les autres. Il se désole de voir que « quand la France joue au foot, elle est black blanc beur, mais quand il s’agit d’emploi, il n’y a plus personne ».
Il préfère penser les problèmes en termes sociaux plutôt qu’ethniques. Ce qui l’anime : les injustices sociales. Il dit avoir « mal au cœur » lorsqu’il voit des femmes seules ou des retraités qui ne parviennent pas à remplir leur frigo. Pour lui, le vrai débat est là.