En 2004, les villes de Pantin et Évry en faisaient la première expérience. Peu concluante, elle fut la dernière, et les milliers de familles musulmanes doivent se résoudre malgré elles à la clandestinité, comme autrefois.
Actuellement, une nouvelle tentative est en cours, cette fois en Seine-Saint-Denis, département francilien comptant le plus de musulmans en Île-de-France (environ 450 000 personnes). Mais si le conseil général de Seine-Saint-Denis a donné son accord, en signant une convention de cinq ans avec le Conseil régional du culte musulman (CRCM), l'aire des Vents du parc départemental de la Courneuve n'est pas moins sûre de voir venir dès cette année son abattoir mobile.
La transmission du dossier de demande d'agrément par l'exploitant doit être déposé au minimum deux mois avant le début de l'activité. Or celui-ci vient tout juste d'être remis à la préfecture, pour agrément par les services vétérinaires. Un retard dû à la difficulté de trouver l'exploitant, autrement dit un boucher agréé volontaire.
« Nous avions recensé six opérateurs et, en fin de compte, un a répondu aux conditions du projet », nous explique Khaled Bouchama, chargé du dossier abattage au sein du CRCM Île-de-France-Centre. Le coût d'une unité d'abattage mobile est sans doute l'obstacle le plus important, car l'opérateur doit être sûr de rentrer dans ses frais.
L'abattoir temporaire − les abattoirs temporaires, à la différence des abattoirs mobiles, étant des abattoirs permanents qui se transforment en abattoirs « halal » pour la période de l'Aïd − mis en place à Évry (Essonne) depuis 2007 commence à devenir rentable. Le coût total de l'opération s'est élevé à 300 000 euros, dont 200 000 euros pris en charge par le ministère de l'Agriculture.