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Politique

A quand des « Obamas » français ?

Les élus de la diversité plaident la cause

Rédigé par Hanan Ben Rhouma | Mardi 20 Janvier 2009

Selon une étude du Haut Conseil de l’Intégration (HCI) publiée lundi, seuls 6,68% des élus des communes de plus de 9 000 habitants sont issus de la diversité. C’est aussi ce lundi qu’une quinzaine d’élus de la région parisienne ont présenté publiquement leur Association Nationale pour les Elus(es) Locaux de la Diversité (ANELD) visant à faire émerger des « Obamas » en France. A l’heure de l’investiture de Barack Obama, la diversité est plus que jamais d’actualité.



A quand des « Obamas » français ?
Obama fait rêver la France et les Français. Cependant, son slogan d'espoir « Yes, we can » (« Oui, nous pouvons ») se traduirait par un « No, we can't » franc dans l'Hexagone tant le rêve semble encore impossible à réaliser… pour l'instant. La diversité au sein de la classe politique reste encore inexistante selon une étude du Haut Conseil à l'Intégration (HCI) rendue publique lundi. Selon son enquête, les élus issus de l'immigration non européenne ne représentent actuellement que 6,68% de l'ensemble des élus des communes de plus de 9 000 habitants en métropole. On compte ainsi 2 343 personnes essentiellement originaires du Maghreb et d'Afrique. Force est de constater un progrès depuis 2001 lorsque l'on n'en comptait que 1 069 (3,18%).

Mais les élus de la diversité restent encore trop peu nombreux. Alors que 60% de la population est issue de l'immigration en Seine-Saint-Denis (93), le département ne compte aucun maire. Sur les 2 343 élus, ils sont majoritaires à occuper la place de conseillers municipaux (1 844 contre 495 adjoints au maire). Le calcul vite fait, on dénombre au final que quatre maires...

La faute aux partis politiques et à leurs membres dirigeants

La classe politique n'est décidément pas à l'image de la France. Pourtant, selon un récent sondage, 80% des Français seraient prêts à voter pour un candidat noir (58% pour un candidat maghrébin). « Le blocage vient de l’appathchik et non de la population. Des personnes installées depuis longtemps ne veulent pas laisser leur place (auquel s’ajoute, ndlr) le problème des cumuls des mandats », affirme Khédidja Benchérif, conseillère d’arrondissement du 17ème arrondissement de Paris.

C'est partant de ces constats qu'une quinzaine d'élus locaux issus de la diversité ont plaidé ce lundi pour l'émergence de candidats de ce type à l'Assemblée nationale. Aujourd'hui, quelques 70 élus locaux issus de la diversité se sont regroupés depuis le 10 novembre 2008 au lendemain de la victoire historique du premier président noir des Etats-Unis au sein de l'Association Nationale des Elus(es) Locaux de la Diversité (ANELD).

« L’Association est né grâce-ou à cause- des comportements égoïstes de certains gros partis politiques. S’ils avaient donné la chance à certaines personnes d’émerger depuis quelques années, je pense qu’il n’y aurait pas eu d’association comme l’ANELD », fait savoir Kamel Hamza, conseiller municipal UMP à La Courneuve (93) et un des fondateurs de l’ANELD.

Amener les partis politiques à s’engager concrètement

« Assurer une meilleure reconnaissance et légitimité à nos actions politiques respectives et parrainer les futurs candidats qui souhaitent s'engager », « devenir un interlocuteur incontournable pour encourager les futurs Obamas municipaux, départementaux, régionaux, nationaux et européens de demain » et « lancer une véritable réflexion nationale sur l'action positive (discrimination positive, ndlr) en politique » : tels sont les objectifs de l’ANELD.

Tous plaident pour la discrimination positive comme le seul outil capable de donner la place aux jeunes, qui n’ont pas encore de « modèle d’identification », tout en insistant sur le fait de leur « donner la chance » et non de « discriminer ». « L’objectif n’est pas de rendre la France moins compétente. Il ne faut pas mettre de la diversité n’importe où. Nous voulons donner la possibilité aux jeunes qui ont des compétences de pouvoir s’intégrer », affirme Mme Benchérif. Comme la parité hommes/femmes qui a permis l’émergence des femmes dans tous les domaines, l’idée de quotas en faveur des personnes issus de l’immigration est défendue pour une meilleure représentativité de la France en termes de diversité.

Les premiers signataires sont des élus majoritairement issus de la région parisienne et des rangs de l'UMP ou centristes à l’image de M. Hamza ou de Fouad Sari, adjoint au maire de Vigneux-sur-Seine. Mais l’Association se veut sans étiquette politique car la diversité n’est « ni une question de gauche ni de droite » selon les élus. On retrouve ainsi Said Laatiriss, maire adjoint socialiste de Grigny (91) ou encore Nasser Djaffar, maire adjoint de Bagnolet (PC). « Si les partis politiques ne veulent pas nous voir, on fera en sorte d’entendre notre voix », conclut M. Hamza. Les statuts de l’association seront déposés d’ici quelques semaines, temps pour l’ANELD de « prendre une dimension nationale ».





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