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A nouveau un imam sous le coup d’un arrêté d’expulsion

Rédigé par Bouchene Salem | Mardi 4 Mai 2004

Après avoir déjà expulsé Abdelkader Yahia Cherif, un imam de Brest, le 15 avril dernier, puis l'imam de Vénissieux, Abdelkader Bouziane, une semaine plus tard, le gouvernement poursuit sa politique de fermeté vis-à-vis des responsables musulmans jugés extrémistes. Samedi, le ministre de l'Intérieur Dominique de Villepin avait déclaré, devant les présidents des conseils régionaux du culte musulman (CRCM) réunis à huis clos, qu'il entendait 'poursuivre' les expulsions d'imams jugés extrémistes.



Après avoir déjà expulsé Abdelkader Yahia Cherif, un imam de Brest, le 15 avril dernier, puis  l'imam de Vénissieux, Abdelkader Bouziane, une semaine plus tard, le gouvernement poursuit sa politique de fermeté vis-à-vis des responsables musulmans jugés extrémistes. Samedi, le ministre de l'Intérieur Dominique de Villepin avait déclaré, devant les présidents des conseils régionaux du culte musulman (CRCM) réunis à huis clos, qu'il entendait 'poursuivre' les expulsions d'imams jugés extrémistes.

 

Mihdat Guler, quarante-cinq ans, de nationalité turque, président de l’Association islamique en France  était déjà sous le coup d’un arrêté d’expulsion depuis le 30 mars dernier. C’est en  vertu de ce dernier, que Mihdat Guler est placé depuis samedi, en rétention administrative à Roissy en vue d’une expulsion vers son pays d’origine.

Ceci, quelques heures à peine après les propos de Dominique de Villepin devant les responsables du culte musulman en France sur la poursuite des expulsions d’imams intégristes.

Le ministère de l’intérieur l’accuse d’être 'le responsable pour la France d’un mouvement extrémiste islamique turc prônant le recours à la violence et au terrorisme ', le groupe Kaplanci. En septembre 2001, le groupe Kaplanci a été dissous en Allemagne. En France, cette mouvance ne drainerait pas plus de 500 personnes sur les quelque 400 000 Turcs présents dans le pays, d'après le ministère de l'Intérieur. Mais elle avait déjà fait parler d'elle puisque début janvier Omer Ozturk, un imam turc de la même mosquée et du même mouvement, avait été expulsé pour avoir tenu des propos antisémites et antioccidentaux.

 

'Mon père n’est qu’un commerçant'

Le fils de Midhat Guler affirme au contraire que son père vit 'honnêtement' depuis 1976 en France, où il exerce la profession de «commerçant sur les marchés de la banlieue parisienne», et qu'il 'n'est pas imam et ne fait pas de prêche'. Et Me Adrien Namigohar, son avocate, d'ajouter : 'Midhat Guler a travaillé pendant des années chez Citroën comme son père avant lui. Et il n'a jamais eu d'ennuis avec la justice. Et s'il avait des activités condamnables en France depuis trente ans, pourquoi n'a-t-il jamais été poursuivi ?' s’interroge-t-il.

 

Cette mesure s'ajoute à d'autres prises à l'encontre de responsables religieux musulmans et suit de très près les expulsions des imams Abdelkader Yahia Cherif, imam de Brest accusé de 'prosélytisme en faveur d'un Islam radical', et d'Abdelkader Bouziane, imam d'une mosquée de Vénissieux (l’expulsion de ce dernier est suspendue depuis par la justice). D'où l'accusation de «chasse aux sorcières» contre le gouvernement français portée par son avocate. Selon elle l'arrêté ministériel d'expulsion, «très laconique», accuse Midhat Guler d'être à la tête d'un mouvement fondamentaliste islamiste «sans aucune justification», sans qu'«aucun écrit», «aucun prêche virulent», puisse lui être reproché.

 

Villepin sous le signe de la fermeté

Ce samedi, le nouveau ministre de l’intérieur M Dominique de Villepin avait donné le ton en affirmant que le gouvernement allait poursuivre sa politique de fermeté vis-à-vis des responsables musulmans jugés extrémistes. ' La fermeté contre ceux qui prônent la violence est la meilleure garantie d’une pratique sereine du culte musulman ', a déclaré le ministre. ' Cela peut, a-t-il ajouté, aller jusqu’à l’expulsion des individus dont nous sommes convaincus qu’ils entretiennent des liens avec la mouvance terroriste. La menace est trop grave pour que nous acceptions, vous comme moi, le moindre accommodement avec ces individus. '

Le président du Conseil français du culte musulman Dalil Boubakeur a approuvé lundi la décision du gouvernement d'expulser le président de l'Association islamique en France.
«A partir du moment où il est du ressort de la sécurité interne de l'Etat, à l'évidence il n'est plus du ressort du religieux», a déclaré le recteur de la Grande mosquée de Paris après un entretien de 45 minutes avec le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin.

Dalil Boubakeur s'est engagé à apporter «sa contribution à la clarification de la situation de l'imamat en France», par le développement de la formation et la tenue d'une liste des imams autorisés à exercer. «Nous devons la main dans la main agir notamment grâce au CFCM pour que la fonction de l'imam, le statut de l'imam en France soit dénué de tout soupçon», a-t-il dit.
Le président du CFCM a cependant assuré que les imams de France étaient «responsables et respectueux» et répondaient «à 80%» aux critères requis par la théologie de l'islam pour exercer leur fonction.

 

 

 

A ce jour, Midhat Guler a été assigné à résidence à son domicile de Courtry (Seine-et-Marne) sur décision d'un juge des libertés et de la détention (JLD). Le JLD a fondé son ordonnance sur la possession par l'intéressé de plusieurs documents d'identité et d'un domicile 'largement établi'. Le JLD a rejeté les trois irrégularités de procédure soulevées par la défense de M. Guler. Le parquet a renoncé à faire appel et M. Guler a regagné son domicile où il est assigné à résidence. Les deux parties ne s'étaient pas opposées à l'assignation à résidence.

 

 

 

 

 

 





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