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A l'ONU, Nicolas Sarkozy accusé de 'légitimer le racisme'

| Samedi 10 Novembre 2007

Mercredi 7 novembre, lors d'une réunion de la troisième commission de l'Assemblée générale des Nations unies, le rapporteur spécial de l'ONU sur le racisme, la discrimination raciale et la xénophobie, Doudou Diène, a accusé le président français Nicolas Sarkozy d'être dans une "dynamique de légitimation du racisme".



Tandis que le président français Nicolas Sarkozy se trouvait à Washington en visite officielle, à New York aux Nations unies, son désormais célèbre discours de Dakar, prononcé dans la capitale sénégalaise le 26 juillet dernier, était épinglé. Doudou Diène, rapporteur spécial de l'ONU sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale et de xénophobie, prononçant un discours devant la troisième commission de l'Assemblée générale, a dénoncé une tendance à la "légitimation intellectuelle du racisme [...] sous couvert de la défense de l’identité et de la sécurité nationale".

S'appuyant sur deux exemples, celui de James Watson, prix Nobel de médecine, forcé de démissionner pour avoir parlé d'une "infériorité intellectuelle des Africains", et celui récent de Nicolas Sarkozy qui a estimé lors de son discours à Dakar que " le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. [...] Le problème de l’Afrique, c’est qu’elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l’enfance. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès".

"Dire que les Africains ne sont pas entrés dans l’histoire est un stéréotype fondateur des discours racistes des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècle" a estimé Doudou Diène, qui a insisté sur la "blessure profonde" infligée par le discours de M. Sarkozy aux intellectuels africains.

Pour Doudou Diène, l'utilisation de tests ADN en vue du regroupement familial constitue une "stigmatisation de l’immigré". "En France, le projet de loi introduisant les tests ADN dans la procédure de traitement administratif des postulants au regroupement familial constitue aussi une illustration de cette stigmatisation de l'immigré", a déclaré M. Diène, qui s'exprimait sur "la recrudescence des phénomènes de racisme à travers le monde" et leur "banalisation politique".

Les diplomates français présents sur place et en poste à l'ONU ont pour leur part dénoncé des accusations "infondées et irresponsables".





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