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Monde

A Tunis, Sarkozy fait des déclarations 'très décevantes et regrettables'

| Mercredi 30 Avril 2008

Au deuxième jour de sa visite en Tunisie, le président de la République Nicolas Sarkozy, qui s'exprimait devant près de 500 chefs d'entreprises français et tunisiens, a déclaré : "Vous avez une main d'oeuvre qui ne demande qu'à être formée, nous avons beaucoup d'intelligence et beaucoup de formation, ce n'est pas les uns contre les autres, c'est les uns avec les autres."



'Vous avez une main d'oeuvre' et 'nous avons beaucoup d'intelligence'

Mardi 29 avril, lors du deuxième jour de sa visite officielle en Tunisie, le président de la République Nicolas Sarkozy a prononcé un discours devant 500 patrons tunisiens et français. Des chefs d'entreprise devant lesquels le président a défendu le projet d'Union pour la Méditerranée, un partenariat entre l'Europe et les pays du Sud, un "pôle gagnant-gagnant qui concurrencera l'Asie", a estimé le président.

"Il n'y a pas un bon avenir pour l'Europe si l'Afrique en général, et l'Afrique du Nord en particulier, ne connaît pas le développement, nous pouvons créer un modèle qui triomphera dans le monde entier", a ainsi déclaré Nicolas Sarkozy, ajoutant : "En Asie, ils ont su, entre les pays riverains, s'intégrer et se compléter. Et le drame de la Méditerranée, il est dans un chemin inverse où l'on s'oppose et on s'exclut."

"Vous avez une main d'oeuvre qui ne demande qu'à être formée, nous avons beaucoup d'intelligence et beaucoup de formation, ce n'est pas les uns contre les autres, c'est les uns avec les autres. C'est ça le partenariat", a encore souligné le président sous les applaudissements.

Mettant de côté "des polémiques qui m'importent bien peu", Nicolas Sarkozy a défendu l'accord de coopération sur l'énergie nucléaire civile, estimant que "l'énergie nucléaire, c'est l'énergie du futur. La France vous dit que sa technologie, qui est une des plus sûres du monde, une des meilleures du monde, elle est décidée à la mettre au service du développement de vos économies. L'Europe ne connaîtra pas la stabilité si vous ne connaissez pas le développement, voilà pourquoi il faut s'unir."

Déclaration 'très décevantes et regrettables'

"Le développement, c’est aussi la démocratie. Il est dommage et regrettable que les libertés soient autant marginalisées", a quant à elle déclaré Khadija Chérif, la présidente de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), pour qui "la coopération entre Etats ne doit pas se limiter à l’économie".

La secrétaire d'état aux Droits de l'homme Rama Yade, qui devait initialement se rendre en visite au siège de l'association, ne s'y est finalement pas rendue, annulant son rendez-vous au dernier moment. "Le même diplomate nous a simplement dit : "Mme Rama Yade a un programme chargé, elle a pris du retard et donc elle ne pourra pas se rendre à votre association", a expliqué Khadija Chérif, pour qui "ce geste est une manifestation de mépris pour la société civile. C’est une concession de plus pour marginaliser la demi-douzaine d’associations encore indépendantes du pouvoir. Et cela ne sert ni la Tunisie ni la France car ça va provoquer plus de rejet de l’Occident, honni par l’opinion parce qu’il soutient des régimes autoritaires."





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