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Société

A Cannes, les inondations n’ont pas épargné la mosquée

Rédigé par Hanan Ben Rhouma et Mérième Alaoui | Mercredi 7 Octobre 2015

L'état de catastrophe naturelle a été décrété cette semaine dans 32 villes de la Côte d'Azur après des inondations considérées parmi les plus meurtrières des dernières années dans la région. Celles-ci ont provoqué la mort d'au moins 20 personnes, dont cinq à Cannes et dans ses alentours. Des centaines d'habitations ont été sinistrées. Une des mosquées de Cannes n'a pas été épargnée. Son directeur témoigne.



La mosquée du quartier de La Bocca, à Cannes, sinistrée par les eaux après les inondations qui ont secoué les Alpes-Maritimes et le Var dans la nuit du 3 au 4 octobre.
La mosquée du quartier de La Bocca, à Cannes, sinistrée par les eaux après les inondations qui ont secoué les Alpes-Maritimes et le Var dans la nuit du 3 au 4 octobre.
Le conseil des ministres a décrété, mercredi 7 octobre, l'état de catastrophe naturelle, pour 18 communes du Var et 14 communes des Alpes-Maritimes.

Parmi les villes touchées figure Cannes où sont implantés deux lieux de culte musulmans. La mosquée Al-Madina Al-Mounawara du centre-ville a été épargnée. Une chance que celle du quartier de La Bocca, ouverte en 2013, n’a pas eue : elle a été complètement ravagée par les eaux dans la nuit de samedi 4 au dimanche 5 octobre. Les dégâts sont tels qu’il faudra du temps pour tout remettre en l’état, assure le directeur du centre Radouane Aichfakir, qui attendait, mercredi 7 octobre, son premier rendez-vous avec un expert d’assurance pour se prononcer sur l’ampleur des travaux à engager dans cette mosquée.

La mosquée de La Bocca sinistrée.
La mosquée de La Bocca sinistrée.

« Ce fut le sauve-qui-peut pour tout le monde »

Le directeur du centre Iqra était absent du lieu de culte lorsque le déluge s’est abattu sur Cannes. « Il était très dangereux de circuler dans la ville. Des centaines de voitures ont été renversées. (…) C’était l’apocalypse. Ce fut le sauve-qui-peut pour tout le monde », raconte-t-il. A Iqra, une vingtaine de fidèles étaient présents sur les lieux. « Ils ont secouru les gardiens d’une fourrière voisine, bloqués dans leur bungalow. L’eau est montée très vite, jusqu’à 1 m 50 dans la mosquée », témoigne-t-il.

Rien n’a donc pu être sauvé dans cette bâtisse qui pouvait accueillir jusqu’à 1 200 personnes le vendredi. Le premier étage réservé à la prière des femmes a été préservé mais l’ascenseur ainsi que les portes d’accès sont hors service. Par ailleurs, l’essentiel du matériel se trouvait au rez-de-chaussée avec les bureaux et les salles de classe. Le problème le plus difficile à gérer, comme partout ailleurs : la perte des dossiers, ce qui ralentit les procédures administratives.

A Cannes, les inondations n’ont pas épargné la mosquée

Des dangers d’une mosquée ouverte trop tôt

La solidarité en faveur des sinistrés s’est rapidement mise en route. La mosquée n’a pas échappé à l’élan. Des groupes de fidèles ont même spontanément pris en charge le nettoyage de la mosquée ravagée pour espérer une réouverture rapide, au point où Radouane Aichfakir s’en inquiète car le réseau électrique est encore très vulnérable et les risques d’incendie et d’électrocution sont réels.

Avec l’accord des autorités locales, la prière du vendredi 9 octobre pourra avoir lieu à La Bocca mais uniquement sur l’esplanade de la mosquée qui peut accueillir tout de même quelques centaines de personnes. « On ne peut pas jouer avec la vie des gens », lance-t-il, nous confirmant ensuite la fermeture probable du lieu « pour quelques semaines » le temps que les experts évaluent le sinistre et les travaux.

Radouane Aichfakir, qui devrait pouvoir compter sur la générosité des musulmans cannois, déclare avoir reçu le soutien moral de la municipalité.

Si les relations ne sont pas au beau fixe avec les responsables de la mosquée du centre-ville, ces derniers se sont décidés mardi soir à appeler ses fidèles à « prêter main forte (...) afin qu’ils puissent retrouver au plus vite leur lieu de prière, mais également pour apporter aux familles qui n’ont plus de toit couverture, linge et de la nourriture ». Son recteur Mustapha Dali craint que, dans le cas contraire, il ne doive gérer « une affluence trop importante pour la prière de ce vendredi ».

A l’échelle d’une région, la mosquée de La Bocca n’est qu’un lieu parmi les milliers de bâtiments administratifs et de maisons individuels touchés par les intempéries. Le bilan provisoire des intempéries est de 20 morts.

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