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Economie

2003 : s'annonce mal pour la croissance et l'emploi.

Rédigé par OURABAH Sofiane | Lundi 17 Mars 2003

A Bercy, en ce début de mois de mars, tous les clignotants sont au rouge. Francis Mer l´a reconnu : «Personne, aujourd´hui, n´imagine que l´on puisse être au-dessus de 1,5 %» de croissance cette année. Pourtant le gouvernement, persistait à croire depuis l´automne à une prévision de 2,5 %, sur laquelle il avait établi son budget. En 2002, la croissance fut faible et le chômage repartit à la hausse, ce n'est probablement que partie remise pour ce début d'année 2003.



A Bercy, en ce début de mois de mars,  tous les clignotants sont au rouge. Francis Mer l´a reconnu : «Personne, aujourd´hui, n´imagine que l´on puisse être au-dessus de 1,5 %» de croissance cette année. Pourtant le gouvernement, persistait à croire depuis l´automne à une prévision de 2,5 %, sur laquelle il avait établi son budget. En 2002, la croissance fut faible et le chômage repartit à la hausse, ce n'est probablement que partie remise pour ce début d'année 2003.

«Personne, aujourd´hui, n´imagine que l´on puisse être au-dessus de 1,5 %»
Est-ce la conjoncture mondiale actuelle qui s'annonce désastreuse, notamment avec le probable conflit en Irak, qui pousse Monsieur Francis Mer à diminuer de 1 point sa  prévision de 2,5% de croissance pour 2003 (sur laquelle il s'est accroché avec ferveur)?
Bien évidemment, ceci était prévisible depuis assez longtemps. Le ministre de l'économie n'apporte donc rien de nouveau en annonçant que la croissance pourrait dépasser 1,5 % cette année. Cette faible croissance provoquera certainement une hausse sévère du chômage.
Avec une conjoncture économique qui fut mauvaise en fin d'année 2002, le ministre espérait que la croissance serait relancée par une hausse de la consommation des ménages... mais la hausse n'est pas au rendez-vous et les autres indicateurs ne sont pas encourageants: l'investissement est en baisse, les entreprises n'ont pas confiance dans la conjoncture actuelle qui ne cesse de fluctuer et remettre en cause les investissements futurs. La balance commerciale risque de se dégrader. Via l'appréciation de l'euro, les exportations coûtent plus chère, la compétitivité des entreprises européennes se dégrade.
En revanche l'effet positif de l´enchérissement de l´euro est qu'il fait baisser le prix des importations et accroît le pouvoir d'achat pour les ménages. Mais pour l'instant, l'effet de désinflation importée est en grande partie effacé par la flambée du prix du pétrole.

Autrement dit, la croissance n'est pas au rendez-vous, d'autant plus que les dispositifs destinés à relancer la croissance sont remis en cause.


Conséquence : la montée du chômage
L'emploi n'a quasiment pas progressé en 2002,  environ +30000 postes pour l'emploi salarié dans le secteur marchand (administration, éducation, santé, action sociale...) et un peu plus dans les autres secteurs. Au mieux, la création nette d'emplois en 2002 a été d'environ 50 000 postes de travail supplémentaires (contre 210 000 l'année précédente et 570 000 en 2000!). Encore ce chiffre cache-t-il le déclin continu des créations nettes d'emplois entre le premier et le quatrième trimestre de l'année. Le nombre croissant des plans sociaux ( licenciement économique, restructuration...) montre assez bien la dégradation dans le secteur privé, des entreprises en réelle difficulté n'ont cessé de licencier (Danone, levi's, saint Gobain...).
Les indicateurs confirment cette affirmation, en effet le nombre de faillites d'entreprises réalisant plus de 15 millions d'euros de chiffre d'affaire a progressé de 37% en 2002 (173 entreprises), menaçant environ 37000 emplois. Rappelons la progression assez remarquée des licenciements de travailleurs âgés. A ce propos, notons que le monde patronal ne craint pas les contradictions, puisque dans l´ensemble, les entreprises ne cessent de se 'débarrasser' de leurs travailleurs âgés, alors que le MEDEF réclame de prolonger la durée d'activité légale pour bénéficier d'une retraite à taux plein.

En annonçant ce ralentissement de l'activité Monsieur Mer ne doute certainement pas non plus que les créations d'emplois encore (faiblement) positives en 2002, seront en diminution en 2003. Si bien que cette année risque d'être, comme 1993, une année de crise économique et sociale et donc de dégradation du marché du travail





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