Les résultats du testing à l’embauche rendus publics le 10 juin dernier par la Halde épinglaient trois entreprises dont Accor pour discrimination envers les candidats originaires d’Afrique. Selon les conclusions de la Halde, ces derniers auraient 22,7 % de chance de moins d’être convoqués à un entretien s’ils postulent au sein du groupe Accor.
Dans une interview du 17 juin accordée au site Internet du magazine Challenges, Cathy Kopp, la directrice des ressources humaines du groupe Accor, conteste vivement la méthodologie de testing utilisée par cette instance pour mesurer la discrimination à l’embauche.
Elle pointe du doigt la Halde : « Ce testing est pitoyable (…) Nous avons pointé beaucoup d’erreurs. Les CV intégrant l’âge était en tout petit nombre, les résultats ne pouvaient pas être significatifs. Certains CV mélangeaient l’âge et l’origine, ce qui fausse le résultat. Enfin sur les 277 CV envoyés à Accor, 11% comportaient des profils "anormaux": par exemple un chef de réception postulant pour un poste de plongeur… On n’a pas le droit de montrer du doigt une entreprise quand l’étude n’est pas faite sérieusement ».
Pour contester les résultats, la direction du groupe Accord a même fait faire une contre-expertise par le recours à un statisticien. La DRH explique sa démarche : « i[Nous sommes d’accord sur les modèles [statistiques, ndlr]. Mais en statistiques, quand vous entrez des données inexactes, vous sortez des données inexactes. Sur la totalité des 5620 CV envoyés aux vingt entreprises testées, la Halde en avait enlevé 929, ce qui correspond à un taux d’erreur minimum de 16,5 %. (…) Pour lui [le statisticien, ndlr], la marge d’erreur est trop grande, supérieure à 5%, pour tirer la moindre conclusion]i »